L' EGLISE DE TAIZE

Il est fait mention de Taizé dans de nombreuses chartes de Cluny et dans le cartulaire de St Vincent de Mâcon. Dés la fin du Xème siècle, nous trouvons citée la chapelle de St Martin de Taizé. A une époque que nous ne connaissons pas, elle fut placée sous le vocable de Ste Marie-Madeleine.

Comme beaucoup d'églises d'autrefois, celle de Taizé est entourée de son cimetière. On cherchait à être enterré le plus prés possible du sacré. Ce regroupement reste aussi pour les croyants une façon de rapprocher les vivants et les morts dans la foi en la résurrection. Les Frères de Taizé ont aujourd'hui leur sépulture dans ce cimetière.

A l'égal de nombre d'églises de cette époque, l'église de Taizé possède une abside ronde. Une travée de chœur porte le clocher, lequel primitivement devait être plus important. Les arcades lombardes sont du XIIème siècle ainsi que les bandes lombardes qui renforcent les angles du clocher. Le toit de laves fut refait dans les années 1980. La flèche du clocher est couverte en pierre, ce qui est peu courant dans la région. Les modillons sous le toit sont très sommaires mais une corniche sur toute la longueur du mur est bien présente.

Les murs sont nus sans renfort . La présence de pierre rouge, parfois fendillée, surtout dans la partie gauche de la façade, permet de penser que cet édifice a dû brûler. C'est sans doute lors de sa reconstruction qu'il fut surélevé d'environ 1,50m. Dans le bas du mur, côté sud, on remarque la présence d'une pierre cristalline marquée par des fentes. C'est là, paraît-il, que les paysans venaient aiguiser leur couteau de poche.

L'ensemble des murs est enduit à la chaux avec du cran. Le porche est moderne, fait apparemment en utilisant deux corbeaux de cheminée.

A l'intérieur, la nef est voûtée alors que rien ne le laisse apparaître de l'extérieur, les murs n'ayant pas de contreforts. En réalité, le contrefortage se fait à l'intérieur, la nef présentant trois travées avec de puissantes arcades.

Les fenêtres sont placées en fonction des arcades. Elles furent remontées et déplacées par rapport aux anciennes qui, plus basses furent obstruées, comme on peut le remarquer de l'extérieur.

Cette église est d'un grand dépouillement sans aucune sculpture. L'enduit, moderne, peut être daté de 1965 environ. Les vitraux lumineux récents sont de Frère Eric. Autrefois figuratifs, ils furent remplacés vers 1966 par les vitraux actuels plus dépouillés et correspondant mieux à l'art roman.

Contrairement à beaucoup d'autres lieux, les trois fenêtres du chœur symbolisant la Trinité sont conservées. Peut-être furent-elles murées puis rouvertes. La tour est une coupole octogonale sur trompes.

L' oculus, du fait que la coupole est très basse, date probablement du XIème siècle. Dans le chœur, les petits bancs de chaque côté étaient certainement prolongés dans la partie circulaire.

Retrouvez la fiche de la pastorale du tourime du diosèse d'Autun

Site de "Bourgogne romane"