L'église d'Ameugny

 Histoire

Du temps des gallo-romains, Ameugny s'appelait   "Almoniacus",   ce  qui signifiait: "le domaine d'Almos".

Après l'an 900, les Odilon deviennent seigneurs d'Ameugny.

Vers 980, à la suite de donations et partages, on compte quatre seigneurs:

les chanoines de St Vincent de Mâcon, les moines de Cluny, les Gros d'Uxelles et Josserand Reigner.

Dès 1300, les du Blé, seigneurs de Cormatin (qui n'était pas une paroisse) décident de se faire inhumer dans l'église d'Ameugny, leur paroisse. Ce n'est qu'en 1613 qu'Antoine du Blé, seigneur de Cormatin, peut racheter la seigneurie d'Ameugny. Les du Blé en resteront seigneurs  jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.

 Architecture

Dès avant 862, il existait une église à Ameugny qui dépendait du chapitre de St Vincent de Mâcon.

Après les calamités de la fin du IXème siècle, la paix et la prospérité étant revenues, de nombreuses églises sont reconstruites dans les villages.

Celle d'Ameugny est commencée vers 1050 (30 ans avant la grande abbatiale de Cluny). Le clocher et l'abside datent de cette époque, la nef de la fin du XIIème, les croisillons du transept, du XVème.

C'est une architecture robuste, solide, image d'une foi simple, rude, parfois un peu fruste.

La nef, à trois travées et une seule voûte, a une portée exceptionnellement large et supporte un poids considérable, oe qui justifie les murs d'1,15 m. d'épaisseur et les puissants contreforts.

Le clocher trapu et court, s'élève à la croisée du transept et est divisé en trois étages, dont le premier est décoré d'arcatures lombardes. Au 3ème étage, on peut admirer les baies trigéminées, assez rares dans la région (La Vineuse, Jambles). L'abside est en cul de four sans décor.

L'église possède encore une couverture de laves qui donne à l'ensemble un aspect très homogène.

Le tympan, au dessus de la porte d'entrée, est particulièrement  remarquable.  Il  comporte  un monogramme en forme de rébus:


 Par la quadruple utilisation du "E" central, on peut lire:

"LEX DEI VERA EST" (la loi de Dieu est vérité)

Sous l'Inscription latine du linteau en l'honneur de la Vierge Marie, on peut lire:

"SEGUIN LAPIFLEX MELEI", c'est-à-dire: "Seguin tailleur de pierre à Malay".

A l'époque romane, une signature est exceptionnelle.

 Intérieur

La nef est couverte en berceau fortement brisé, reposant sur deux arcs doubleaux continués par des pilastres saillants sur les murs latéraux et la divisant ainsi en trois travées. Au sol, de belles dalles funéraires armoriées et décorées.

Sur le mur sud, on peut voir quelques fragments d'une litre de deuil seigneuriale avec les armes des du Blé (litre bande noire peinte par les seigneurs à l'occcasion d'un décès).

Côté sud et côté nord, deux vestiges de fresques représentent des évêques en pied, probablement du XVllème siècle.

Un beau christ en bois, du XVIIème siècle est accroché dans la chapelle sud dédiée à Notre-Dame, patronne de de l'église, et à tous les saints.

La chapelle nord, dédiée à St Claude et à St Sébastien, est particulièrement ouvragée: à la clé de voûte, deux anges portent les armes des du Blé; aux angles, quatre chapiteaux symbolisent les quatre évangélistes.

On peut voir deux plaques commémoratives:

- L'une porte les armes des seigneurs de la Madeleine et, en lettres gothiques, narre la mort d'Anne de la Madeleine, épouse du seigneur du Blé, victime d'un mal contagieux, et de son frère, le chanoine Pétrarque de la Madeleine, venu lui administrer les derniers sacrements avant d'être contaminé à son tour. Ils sont tous deux enterrés dans le caveau situé sous la chapelle.

- L'autre, masquant le tombeau, à hauteur d'œil, en marbre noir, raconte la vie de dévotion et de charité de Catherine-Julie de la Finoise, épouse de Jean-Gabriel Verne, écuyer du Roi et seigneur d'Uxelles, Chapaize, Ameugny et Colombier (et grand-mère de Nina de Pierreclos).

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