Homélie dominicale par le père René Aucourt

Homélie du 22 mai 2022

Avec ce temps de Pâques, nous continuons de recevoir des paroles de Jésus qui nous parlent de relation, de communication. Il promet : nous viendrons vers lui, et, chez lui, nous nous ferons une demeure… Jésus promet qu’avec son Père, il a le désir de s’installer, d’habiter, de demeurer chez nous, au plus intime de nous-mêmes. Il promet donc que sa maison est au plus intime de nous-mêmes. Il est bien chez lui lorsqu’il est chez nous, et nous pouvons être chez lui. Cette habitation de Dieu est étonnante. Il n’est donc pas celui qui est perdu dans son ciel, bien loin de nous. Il est au plus près de nous. Notre Dieu se fait tellement proche qu’il plante sa tente en nous. Voici l’expérience essentielle de la foi.

Et avec cette promesse viennent d’autres affirmations. D’abord celle de la paix puis celle de la joie. Jésus promet qu’au-delà de nos peurs et de nos angoisses, la paix nous sera donnée. Cette paix qui va toujours avec la joie. Nous en avons tellement besoin. Nous sommes si souvent bouleversés et pris par la peur comme dit Jésus. Evidemment, cette présence de Jésus n’est pas une pensée magique qui viendrait effacer toutes nos difficultés et nos peurs. Mais la promesse est bien là comme une assurance. Voici qu’une présence, celle de Dieu nous rend plus fort, nous donne de la force pour avancer. Désormais nous ne sommes plus seuls mais voici que Dieu lui-même marche avec nous, demeure en nous et sa présence nous apporte paix et joie.

Cette démarche est celle de la foi. Jésus précise également qu’il s’agit de recevoir et de garder ses paroles. Accueillir sa Parole c’est la vivre, la mettre en pratique. Il s’agit donc de rayonner de cette présence, de ce cadeau qui nous est donné. Croire en cette présence ce n’est pas s’endormir. C’est la mettre en œuvre autour de nous. Cette paix et cette joie, cette assurance d’être aimé sont faites pour être partagées. A notre tour de donner la paix, la joie, de montrer et de dire à chacun qu’il est aimé. Il y a tant à faire. La foi va toujours avec la mission…

Homélie du 1er mai 2022

Tous les textes d’aujourd’hui nous invitent à rester dans la dynamique de Pâques. Le Christ ressuscité est présent. Lui qui est passé par la mort est aujourd’hui le Vivant et il est présent. Présence du Christ ressuscité… Nous nous posons des questions parfois et nous avons du mal à reconnaître cette présence. Aujourd’hui, avec les apôtres, nous sommes invités à faire l’expérience de sa présence.

D’abord ils sont plusieurs à être rassemblés. L’évangile précise qu’ils sont là, ensemble : Simon-Pierre, Thomas, Nathanaël et deux autres disciples. Ensemble, il s’agit donc bien de l’Eglise. C’est ensemble, en Eglise, en communauté que nous pouvons vivre l’expérience de l’aventure de la présence du Seigneur ressuscité.

Nous voyons aussi que cette présence ne s’impose pas. Elle n’est pas écrasante, elle est dans la discrétion. Mais elle est bien là, bien réelle. Jésus se tient sur le rivage, sur le rivage de nos vies. C’est lui qui prépare un feu de braise avec du pain et du poisson.

Et cette présence, discrète, au bord de nos vies, est une invitation, une demande, presque comme un mendiant : « auriez-vous quelque chose à manger ? » Le Vivant s’adresse à nous, il a d’une certaine façon besoin de nous, de notre participation, de notre réponse. La question posée devient une invitation à agir, à aller plus loin. Non pas attendre que cela se passe, mais oser jeter le filet. Oser entrer dans la confiance, autrement dit dans la foi.

Et cette présence c’est souvent un autre qui peut nous la montrer, nous la signaler : c’est le Seigneur, dit le disciple que Jésus aimait à tous les autres. C’est lui qui le premier l’a reconnu et il ne peut pas s’empêcher de le dire à tout le monde. N’est-ce pas la logique de la mission ? Impossible de se taire lorsque nous avons fait l’expérience de la présence du Vivant dans nos vies.

Cette présence va toujours avec l’abondance. Elle n’est pas petite, rabougrie mais elle porte du fruit. Les filets sont pleins à craquer, la pêche est fructueuse. 153 poissons dit l’évangile, ce serait le nombre de nations connues à l’époque. La présence du ressuscité est pour toute l’humanité. Il n’y a pas d’exclusion. Elle est abondante, pour tous.

 Et cette présence se révèle dans ce repas partagé où le Seigneur prend le pain et le donne. Le repas de l’eucharistie est signe de cette présence. Voici que le Seigneur continue aujourd’hui de donner les signes de sa présence dans cette messe que nous célébrons ici, aujourd’hui.

Le Vivant se tient là, discret. Il appelle, il invite à la foi. Il donne en abondance. Il envoie. Son Eglise aujourd’hui vit de sa présence. Jésus prépare pour nous un feu de braise…

Homélie du 24 avril 2022

Lorsque Jésus ressuscité se présente, il dit toujours des mots de paix… nous l’avons entendu par trois fois dans cet évangile : la paix soit avec vous. C’est ainsi qu’il salue, c’est ainsi qu’il entre en relation avec quelqu’un. Aujourd’hui encore, nous avons tant besoin de cette paix, notre monde en a tant besoin. Nous pensons à cette guerre qui dure et s’enlise, mais nous n’oublions pas les autres conflits de par le monde… ni notre histoire récente ne ce jour où nous pensons aux déportés… Nous pensons aux divisions qui se sont exprimées pendant cette campagne électorale. Nous pensons aux séparations et aux conflits qui existent dans nos familles, ou dans nos relations, aux amitiés qui se brisent. Nous pensons aussi à tout ce qui nous traverse, nous divise, à tout ce qui nous touche au plus profond de nous-mêmes. Bref, nous avons vraiment, profondément, besoin de paix. Nous avons au plus intime le désir de cette paix.

Et Dieu lui-même a ce désir, ce projet pour l’homme et toute l’humanité. Son Royaume promis est un Royaume de paix. Voici qu’avec la mort et la Résurrection du Christ la paix est offerte, la paix est possible. Lui est le Vivant qui apporte la plénitude de la paix. Sa présence est source de paix.

Mais elle ne vient pas comme avec une baguette magique. Elle est le don de Celui qui a connu l’épreuve de la Passion et de la mort. C’est toujours frappant de voit que Jésus le Ressuscité se présente toujours avec ces cicatrices, ses mains et ses ôté, la marque des clous et même une plaie toujours ouverte puisqu’il invite Thomas à enfoncer sa main. Le Christ Vivant n’est pas tout lisse, hors de la réalité humaine. Non, il est celui qui a connu la souffrance et la mort et il porte encore des marques. La paix est aussi un combat. C’est au cœur de tous nos conflits et nos incapacités qu’Il vient donner et partager sa paix.

Et la paix n’est pas un endormissement, une mort… au contraire. Immédiatement après avoir souhaité et donné la paix, Jésus envoie ses disciples pour en être témoins. Il leur donne son Esprit, sa force et ils sont immédiatement en mission. La paix donnée est toujours à partager. La présence du Ressuscité est un envoi. La foi restera toujours une source de d’étonnement et de questions. Nous sommes toujours comme Thomas à la recherche de signes. Ils nous sont pourtant donnés. Ce sont les signes de paix. Croire au Ressuscité c’est accueillir cette paix pour que nous ayons la vie en son nom…

Homélie Veillée Pascale 16 avril 2022

Il y a les femmes, il y a les apôtres, il y a Pierre… tous reçoivent une nouvelle extraordinaire, certains trouvent qu’elle est délirante, d’autre étonnante : « Celui qui a été déposé dans le tombeau, celui qui a été mis à mort n’est plus là. Le tombeau est vide. » Tout semble tourner autour de ce tombeau : les femmes de très bonne heure vont s’y rendre, elles reviennent du tombeau et racontent ce qu’elles ont vu et reçu, et Pierre lui-même se lève et court vers le tombeau… le tombeau est au centre mais comme un point de départ… on ne peut pas rester dans ce tombeau. Le Vivant n’est pas ici, il est ressuscité, il est ailleurs. Voici l’expérience étonnante que font les disciples, les femmes. Le tombeau n’est pas la fin de tout. La vie est plus forte que tout. Le Ressuscité est le Vivant.
Croire en la Résurrection restera toujours étonnant et si difficile à partager. Il s’agit d’une expérience profonde, vitale mais si elle est souvent déroutante et hésitante. Le croyant ressent au plus profond de lui-même une présence, une vie qui dépasse tout ce que l’on peut imaginer. Le Ressuscité est présent, malgré tout. Le tombeau n’a plus le dernier mot. Notre monde aujourd’hui est évidemment marqué par la nuit et toutes les peurs qui vont avec… la violence, les bruits de guerre, la création menacée, la maladie et l’épidémie toujours présentes, les inquiétudes devant l’avenir… autant de raisons comme les femmes au tombeau, d’être dans la crainte et de garder nos visages inclinés vers le sol.
Aujourd’hui, au coeur de nos nuits et de nos tombeaux, vient se faufiler une assurance : le Seigneur est plus fort que nos tombeaux, il n’y est pas enfermé et il vient nous relever. Il nous fait participer à sa lumière et à sa vie. La pierre est roulée sur le côté. Alors l’homme peut se relever. Désormais le Vivant marche avec lui… Alors il peut construire la paix, il peut vivre la solidarité, il peut travailler pour embellir la planète, il peut lutter contre la solitude, il peut s’ouvrir à chacun et en premier au plus pauvre. Le Vivant travaille au cœur de l’homme.
Le baptême donné aujourd’hui ou reçu depuis longtemps en est le signe éclatant.

Homélie Jeudi Saint 14 avril 2022

Jésus est à table avec les disciples, avec ses amis. Il va partager le repas de fête. Il est en train de vivre son dernier repas, son eucharistie. Il va donner sa vie. Il se lève, il se met debout. Déjà s’annonce sa résurrection : il va se relever d’entre les morts. Mais il se lève pour déposer son vêtement, pour se dépouiller. Déjà s’annonce sa mort, sa remise entre les mains des ennemis, sa longue Passion, son dépouillement. Il prend un linge qu’il se noue à la ceinture. Il prend les moyens pour se mettre au service. Il entre dans le concret, dans le matériel du service. Il verse de l’eau dans un bassin et il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à sa ceinture. Il prend soin des pieds. C’est un signe important. Un signe d’accueil et de bienvenue ; la route est poussiéreuse, il faut les laver. Il fait le travail du serviteur, de l’esclave. Voici que Jésus prend soin des pieds des disciples, de ceux qu’il envoie en mission. Ils ont et ils auront vraiment besoin de leurs pieds pour la mission. Jésus le sait et les soigne. Et c’est ainsi, dans le service, qu’il est vraiment Maître et Seigneur. D’ailleurs il affirme qu’on peut l’appeler ainsi, il l’est vraiment. Un Maître qui se met à genoux devant l’homme, un Seigneur qui prend tous les moyens pour prendre soin et servir. Contemplons ce Maitre et Seigneur, ce Serviteur. Il nous dérange, il renverse complètement toutes les images que l’on peut inventer pour Dieu. Il n’est vraiment pas le Dieu de notre imaginaire. Il est le Tout-Autre. Oui, il est bien le Tout-Puissant parce que son amour est Tout-Puissant. Tellement qu’il se met à genoux devant l’homme fatigué, qu’il prend soin de ses pieds. Nous le contemplons et nous retenons aussi son invitation à faire et à vivre le même élan. « Vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. » Comment ne pas penser à tous ceux et celles dont c’est le quotidien… le personnel de santé, les proches aidants. Ils savent ce que cela signifie. Mais plus largement, chacun d’entre nous peut le mettre en œuvre. Le service nous oblige toujours à être inventifs et concrets. Les paroles ou les belles intentions ne suffisent pas. Il faut, comme Jésus, prendre les moyens. Donner sa vie pour les autres passe par un ensemble de détails. Nos pieds sont poussiéreux, nous sommes en marche, nos vies sont abîmées, cabossées… mais voici que notre Maitre et Seigneur prend soin de nous, mais voici que nous tous, ensemble, nous sommes ce peuple qui avançons à la suite de son Maître, nous sommes un peuple de nomades. C’est cela vivre l’Eucharistie… partager le pain de vie de Celui qui a donné sa vie pour nous et vivre le service pour tout homme.

Homélie du 03 avril 2022

La femme est enfermée, coincée… des hommes l’entourent, tous prêts à appliquer la loi… les cailloux sont prêts à être lancée. Une telle femme doit être mise à mort, il n’y a pas d’avenir possible pour elle. Le jugement définitif doit tomber… et voici que Jésus ouvre une porte, un avenir est désormais possible. Le cercle est cassé, les pierres n’ont plus qu’à être posées par terre, elles ne servent plus à rien. Une rencontre est possible. Jésus entre en conversation avec elle. Et il lui dit trois phrases essentielles : je ne te condamne pas c’est-à-dire je ne t’enferme pas dans un passé, un jugement bouclé, fermé ; puis il lui dit « va » c’est-à-dire continue, invente ta vie, mets-toi en route pour un avenir et enfin, enfin seulement, ne pêche plus c’est-à-dire « ne recommence pas », fais un effort, ne retombe pas dans ce qui t’a enfermé au départ. Des paroles dynamiques qui sont autant de promesses, de germes. Déjà le prophète Isaïe disait : « Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? »  et Paul disait : « Oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus. » Autant de paroles à recevoir aujourd’hui… C’est vrai que notre monde, notre maison commune, est menacé… c’est vrai que des situations d’injustice sont bien là, et comment ne pas évoquer la guerre, la violence, la création menacée… mais il y a aussi des germes, des promesses d’un avenir… des associations nombreuses, des ONG s’engagent pour la justice et le respect de chacun… le CCFD- Terre solidaire annonce 580 projets dans 67 pays… ce n’est pas rien. C’est vrai que la solidarité se manifeste pour l’Ukraine ou pour l’Afghanistan…Autant de germes pour notre vie dans cette « maison commune ». Bien sûr, il y a tant à faire… mais les germes sont bien là, ne les voyez-vous pas ? Et nous sommes invités aussi à les vivre dans nos relations… nous  enfermons si facilement l’un ou l’autre dans son passé, ses erreurs ou ses échecs… et si nous gardions toujours, comme un réflexe, à la manière de Jésus, cette pensée du « va »… c’est-à-dire, continue… il y a des germes en chacun d’un monde nouveau, de relations nouvelles… « Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? »

Homélie du 13 mars 2022

Dans notre marche vers Pâques, dans cette deuxième étape dans le temps du Carême, Jésus se montre, se révèle à nous… il nous livre tout le mystère de sa personne. Il est en relation, il n’est pas solitaire. Il monte vers la montagne avec Pierre, Jean et Jacques et même au cœur de l’apparition il est avec Moïse et Elie. Et ces deux personnages sont importants : ils symbolisent, ils résument toute l’histoire de la Bible, du peuple de Dieu. Jésus s’inscrit complètement dans toute cette histoire humaine, cette histoire de l’Alliance avec Dieu. Il ne tombe pas du ciel. Il marche avec son peuple, il entre dans l’histoire. Et cet homme est aussi celui qui est traversé de lumière. Il est transfiguré, il est le Fils choisi, il est Dieu. Autour de lui et en lui il y a tous les signes qui disent Dieu : la lumière, la blancheur, la gloire, la nuée et le sommeil des apôtres et aussi la voix qui se fait entendre. Jésus, cet homme entré dans l’histoire humaine est bien aussi le Fils de Dieu. Cet homme qui va passer par le chemin de la Passion et de la mort est bien le Fils de Dieu qui va ressusciter. A travers tout cela, à travers ces mots et ces images se révèle à nous le visage de Jésus, le Fils de l’homme, le Fils de Dieu.

Le chemin de la foi, l’aventure de la foi est une recherche, un compagnonnage. Nous cherchons le visage de Celui qui va venir illuminer et donner sens à toute notre vie. Et nous sommes si souvent dans la nuit, les hésitations, les doutes. Les questions sont nombreuses, les doutes sont au rendez-vous. Nous sommes confrontés à des questions qui nous dérangent et nous remettent en cause. Les évènements de la guerre à nos portes nous inquiètent et nous plongent dans de grandes remises en cause… on ne pensait pas que la ténèbre de la guerre pouvait si facilement réapparaître et en quelques jours elle est là. Et aussi plus près de nous, les épreuves, les conflits continuent. Pourquoi le mal est-il encore si souvent dans le cœur de l’homme ? Quand pourrons-nous entrer et rester dans la plénitude de la lumière de la paix ? C’est bien aussi le désir de Pierre qui voudrait dresser trois tentes et s’installer dans la paix…Notre chemin de foi et de vie est une recherche marquée par les questions et la ténèbre mais heureusement nous pouvons reconnaître aussi que nous avons tous vécu d’une façon ou d’une autre quelques moments de lumière. Souvent très furtifs, des instants mais qui nous qui nous ont marqués pour toujours. Chacun peut se souvenir d’une parole, d’un moment fort, d’une rencontre, d’un texte ou d’une image qui ont été et qui sont toujours pour nous une aide, une lumière… un peu comme si la lumière du ciel était entrée dans notre vie. Il est bon de relire notre vie. Nous allons découvrir ces étapes qui sont autant de signes donnés. Oui, sur notre chemin de vie, Jésus se manifeste à nous comme une blancheur éblouissante. Il est vraiment le Fils de Dieu venu illuminer et donner sens à notre vie. Il est en conversation avec nous, il marche avec nous et il partage nos questions et nos inquiétudes… il apporte sa lumière bienfaisante. Au plus secret de nos cœurs il nous parle et vient réchauffer nos cœurs, le cœur de chacun, de toute l’humanité.

Homélie du13 février 2022

Jésus le répète : heureux, vous êtes heureux… mais comment peut-on dire ces mots aujourd’hui, comment peut-on dire ce genre de parole à des malades, à des personnes pour lesquelles « tout s’en va » ? Comment peut-on parler également de confiance et d’être sans inquiétude alors que l’épreuve est au rendez-vous ? En ce dimanche de la santé, ces paroles nous semblent bien difficiles à recevoir.

Peut-être faut-il alors partir des autres paroles de Jésus, celles sur le malheur. Jésus dit par quatre fois : quel malheur pour vous. Pourquoi ce malheur ? parce que plus rien ne manque, rien de peut arriver. Il y a un enfermement, un repli sur soi. Celui qui a tout, qui est riche, repu, qui n’attend plus rien, qui n’a que des compliments…  Il tourne en rond, il s’enferme sur lui-même. Il se détruit lui-même. Nous en connaissons tous et nous en avons tous l’expérience : à un moment ou un autre de notre vie, nous avons cette tentation de repli source de tristesse.

Le bonheur que promet Jésus relève d’une toute autre attitude. Pour bien le comprendre, il faut le regarder lui-même, le contempler. Lui Jésus est ouvert sur les autres, il vit la miséricorde, l’attention, la douceur, il a faim de justice, il est doux, il est tourné vers l’autre. Il sait voir ceux qui souffrent, il sait apporter une parole de guérison, il remet debout, il relève. Alors on peut dire : Jésus, tu es heureux toi qui est ouvert… Voici le bonheur que Jésus a vécu et qu’il nous propose. Un bonheur assez paradoxal, surprenant. Un bonheur qui n’est pas à confondre avec un plaisir superficiel, mais un bonheur qui est un art de vivre ouvert, dans la bienveillance, la bien-voyance, l’attention et le service. Et là également nous connaissons des personnes qui vivent cette ouverture, ce bonheur. Je pense à cette personne très très âgée, handicapée, clouée sur son fauteuil, qui ne peut plus marcher mais qui disait au cours d’une messe à l’hôpital : « je voudrais prier pour ma voisine, elle a crié toute la nuit, elle m’a empêchée de dormir. Mais je crois qu’elle est très malheureuse. Il faut prier pour elle. » Voici une personne, malgré toute sa souffrance qui reste ouverte, qui pense aux autres… Heureuse est-elle…

Oui ce chemin de bonheur est proposé à chacun. Il n’évite ni les épreuves, ni les souffrances mais il fait vivre en profondeur. Il produit du fruit… Et Jésus nous en montre le chemin et marche avec nous…

Homélie du 06 février 2022

Imaginer Dieu, parler de Dieu restera toujours bien difficile. Nos mots sont toujours maladroits. Souvent, il faut employer des images pour  s’approcher un peu de ce que Dieu est, de sa profondeur, de son mystère. Dans la première lecture, le prophète Isaïe raconte une vision. Le Seigneur est sur un trône comme un roi. Les portes tremblent, il y a de la fumée. Dieu est alors reconnu, présenté comme le Maître, le Seigneur de tout l’univers, et toute la terre est remplie de sa présence. On ne peut que le reconnaître et dire, proclamer sa sainteté grandiose… Saint, saint le Seigneur… c’est ce que nous chanterons tout à l’heure.

Ici, dans ce passage d’Evangile, Dieu aussi se manifeste en Jésus. Simon- Pierre tombe à genoux devant Jésus et un grand effroi l’a saisi. Le signe c’est une pêche miraculeuse. Alors qu’ils n’avaient rein pris, voici qu’avec Jésus les filets sont pleins jusqu’à craquer et les barques remplies jusqu’à s’enfoncer. Les disciples reconnaissent cette présence du Seigneur mais lui leur dit simplement « sois sans crainte ». La présence de Dieu peut évidemment impressionner, mais elle n’est pas une source de peur. Elle est au contraire une présence d’un amour qui prend soin et qui se donne en abondance, bien au-delà des manques et des déserts de la vie.

Cette présence du Seigneur est en chacun de nous. Elle est également dans son Eglise. L’image de la barque nous renvoie à l’Eglise du Christ. Et cette présence se traduit par le don de sa Parole, de son enseignement. Jésus est présent dans sa Parole. Une Parole qui vient purifier nos lèvres, comme pour le prophète Isaïe et une Parle qui nous envoie. A la suite de cette rencontre, les disciples laissent tout et le suivent. Jésus appelle et envoie en mission. La Parole et la mission sont toujours liées. C’est ainsi que Dieu se révèle et se donne. Un Dieu qui donne en abondance, un Dieu qui enseigne et donne sa Parole, un Dieu qui envoie pour dire au monde entier la grandeur de sa présence. Celui qui est vraiment Saint nous envoie pour le proclamer et le rayonner par toute notre vie.

Homélie du 16 janvier 2022

Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit… Les signes… oui Jésus réalise, accomplit, fait, donne des signes. Un signe est toujours là pour renvoyer à autre chose de plus grand encore que lui-même. Il ne faut pas s’arrêter au seul signe. Ici, à travers ce signe de la transformation de l’eau en vin, il y a beaucoup plus qui est dit. Plus encore, c’est un commencement… il y en aura donc beaucoup d’autres. Il s’agit d’un début, d’un commencement d’un monde nouveau. Avec Jésus voici qu’une nouveauté radicale s’installe. On peut dire qu’un monde nouveau commence. Et ce mariage en est le premier signe. Un mariage, c’est-à-dire une fête, une joie. Jésus est venu apporter la joie et le bonheur… une joie partagée. Et cette joie est liée à l’amour. Un mariage, une alliance. Plus largement, on peut dire que Jésus vient inaugurer un mariage, une alliance nouvelle entre Dieu et l’humanité. En fait c’est Dieu qui se marie, lui l’éternel amoureux se lie pour toujours avec l’humanité. Nous pouvons aussi faire le lien avec l’Eglise. Ce signe, ce commencement est le mariage entre le Christ et son Eglise. Elle est souvent présentée comme une fiancée parée pour son époux. L’Eglise est de cet ordre-là. Elle est liée au Christ. Alors l’abondance est au rendez-vous. Le vin en est le signe. Et il y en a…600 litres, il y a vraiment de quoi faire, de quoi se réjouir. Lorsque le Christ se marie avec son Eglise, il ne fait pas les choses à moitié. Il donne, il se donne très généreusement. Il vient changer notre eau en vin, il vient transformer notre vie sans goût ni saveur en très bon vin : c’est un bon cru. Nous avons tant de mal à accueillir cette nouveauté, et pourtant nous en avons tant besoin. Notre vision sur notre monde et notre Eglise est marquée par un certain pessimisme… nous sommes un peu blasés, usés. Voici que cet Evangile cette Bonne nouvelle vient nous réveiller. Il ne s’agit évidemment pas de nous cacher la réalité si souvent difficile, surement pas de se boucher les yeux… mais il s’agit d’accepter d’entrer avec Jésus dans un autre regard. Jésus le Christ vient partager ce qui fait notre vie et il vient la transformer. Il donne de participer à la joie d’aimer et d’être aimé. Et le bon vin pourra couler à flot…

« Royal époux, promis aux noces de la croix, Tu es venu réjouir les enfants de Dieu, Et tu changeas notre eau en vin. O viens, Seigneur Jésus ! Tendresse pour la terre ; Que nous chantions pour ton retour : Béni soit au nom du Seigneur Celui qui vient sauver son peuple ! »

Homélie du 09 janvier 2022

Le temps de Noël se termine par le baptême de Jésus. Demain commencera le temps ordinaire. Mais aujourd’hui avec cette fête, tout est dit. Le Christ Jésus se révèle, se montre dans toute sa dimension. Celui qui est né de Marie, celui qui a grandi dans une famille, celui qui a été reconnu et chanté par les anges, celui qui a été vénéré par les mages venus d’Orient, celui-là aujourd’hui nous est donné comme le Fils bien-Aimé du Père. Pour lui, c’est le ciel qui s’ouvre et il y a une parole qui affirme : « Toi, tu es mon Fils bien- aimé : en toi, je trouve ma joie. » Voici donc que dieu est « à tu et à toi » avec cet homme. Il y a une relation unique entre le Père et Jésus. Il est le Fils bien-aimé et plus encore, Dieu trouve sa joie en lui. Cette relation est une source de joie profonde. L’Esprit Saint qui est suggéré ici sous la forme d’une colombe affirme, complète cette relation. Ainsi, Dieu Père, Fils, Esprit sont présentés ici dans cette relation d’amour parfaite. Et à travers ce geste symbolique du baptême, voici que Jésus nous est annoncé comme celui qui prend le chemin des pécheurs, il accepte de recevoir ce geste de purification, lui qui n’en avait pas besoin. Il va être plongé dans l’eau, autrement dit plongé dans la mort mais il va sortir de la mort, se relever, ressusciter. Nous avons rassemblé ici tout le mystère de Jésus le Christ qui s’est fait l’un d’entre nous, qui est passé par la mort et qui est ressuscité. Mais Jésus le Christ devient alors pour nous une promesse, un appel. Il est le premier, il passe le premier. Chacun d’entre nous peut le suivre. Il va prendre le même chemin. C’est tout le sens de notre baptême et de notre vie de baptisé. Jésus a donné sa vie pour nous pour que nous puissions vivre de sa vie, de sa résurrection. A notre baptême, nous avons entendu la même phrase que Jésus : Oui, chacun, chacune est un fils, une fille bien-aimé(e) de Dieu. En chacun, chacune d’entre nous, Dieu trouve sa joie en nous. Il est heureux de notre existence, nous faisons la joie de Dieu. Et le Seigneur vient nous partager sa vie, son amour. Etre baptisé, c’est recevoir ce signe et c’est en vivre, autrement c’est aimer, à la suite et à la manière de Jésus, lui qui nous donne toujours sa présence d’amour.

Aux enfants qui font leur entrée en Eglise en vue du baptême :

Vous aussi, vous prenez le même chemin. Vous vous préparez pour recevoir plus tard le signe du baptême. Vous aussi, comme Jésus et à la suite de Jésus, vous allez recevoir la même parole : Toi, tu es mon enfant bien-aimé : en toi, je trouve ma joie… C’est une bonne nouvelle à recevoir. Mettez-vous en route pour découvrir, mieux connaître Jésus et vous entrerez ainsi dans la grande famille des baptisés, de ceux qui reconnaissent l’amour de Jésus pour eux et qui en vivent.


Homélie du 19 décembre 2021 4ème dimanche de l'Avent

Marie se met en route et elle va, avec empressement, nous dit l’évangile, rencontrer sa cousine Elisabeth. Elle va à sa rencontre, elle va la visiter et ensemble elles vont se réjouir de la visite de Dieu lui-même. Marie porte en elle le Seigneur Dieu et la rencontre avec Jean Baptiste que porte en elle Elisabeth est source de joie. Voici donc que Dieu vient visiter l’humanité. Il vient à sa rencontre, et c’est alors une source de joie profonde, qui fait tressaillir au plus intime.

Nous croyons et nous nous préparons à accueillir ce Seigneur qui vient nous visiter, qui est venu visiter les hommes et apporter sa joie. Marie peut de venir notre modèle. Elle porte en elle le Seigneur et elle apporte la joie. Nous aussi, chacun, nous portons en nous le Seigneur, la Bonne Nouvelle source de joie. Puisque nous croyons que Dieu s’est fait l’un d’entre nous, alors il est en nous, au plus intime. Nous sommes porteurs de Dieu, désormais. Saint Paul parle de Temple de l’Esprit, ou bien de corps du Christ. Oui, mais avouons que nous avons bien du mal à le croire vraiment. Nous mettons plus en avant nos incapacités, nos fautes, nos erreurs et évidemment elles sont bien réelles. Mais n’oublions pas notre dignité, nous sommes porteurs du Seigneur. Il habite chez nous, au plus intime. Alors ce sont toutes nos rencontres qui vont en être transformées, colorées, voire transfigurées. Plusieurs fois, des personnes qui visitent des malades racontent leur expérience en parlant de visites qui deviennent des Visitations. Et c’est vrai dans les deux sens, l’autre également est porteur du Seigneur, et c’est lui le Seigneur qui vient à ma rencontre. Nos regards sont alors changés.

La fête de Noël que nous nous apprêtons à vivre est souvent une occasion pour vivre des rencontres ou bien malheureusement parfois pour mesurer combien ces rencontres nous manquent. Ces rencontres sont parfois difficiles… s’écouter, parler avec d’autres qui n’ont pas le même point de vue que moi, les mêmes options c’est difficile et notre monde aujourd’hui en est particulièrement marqué… les listes de sujets à ne pas aborder en famille peut être longue. Des fractures sont là. Dans la foi, nous sommes invités à avoir un autre regard, une autre attitude. Il ne s’agit pas de ne plus avoir de point de vue, d’idée, de sensibilité, d’option, de choix de vie… sûrement pas. Il s’agit de ne jamais oublier que l’autre, comme moi, autant que moi, est habité par le Seigneur. Il porte, comme moi, le Seigneur. Alors je peux accueillir l’autre, tout en restant soi-même. Cette présence, comme pour Elisabeth et Marie, est source de joie et d’émerveillement.

Accueillons le Seigneur qui vient, entrons et vivons une véritable Visitation.

Homélie du 08 décembre 2021, fête de l’Immaculé-Conception

Marie a dit oui à l’invitation de l’ange, elle a dit oui à son Seigneur. Elle a hésité, elle a posé des questions, elle a voulu connaître un peu avant de s’engager : comment cela va-t-il se faire ?- mais elle dit oui, elle a donné son accord : que tout m’advienne selon ta parole. Elle a accueilli en elle la parole, la promesse qui lui a été faite. Elle l’a accueillie au plus profond, au plus intime d’elle-même. Et cette demande qui venait de l’extérieur n’est plus un corps étranger, mais Marie a tissé en elle cette promesse, elle l’a réalisée. Elle a donné un corps au Seigneur, à Dieu lui-même. Nous n’aurons jamais fini de nous étonner de cela. Jésus, celui que nous reconnaissons comme le Fils de Dieu est né d’une femme, comme le dit saint Paul… Jésus, né d’une femme.

Et c’est en cela que Marie devient pour nous le modèle de la foi, « celle qui a cru ». Son itinéraire est aussi le nôtre. La foi ne peut pas rester extérieure, étrangère à nous-même. Elle est toujours invitation de la part de Dieu pour entrer au plus profond, au plus intime de nous-mêmes et si, comme Marie, nous l’accueillons, alors nous pouvons tisser en nous la présence de Dieu pour le monde, d’une certaine façon nous donnons naissance, nous donnons corps au Seigneur. C’est ainsi que Marie est aussi la Mère de l’Eglise. L’Eglise toute entière est chargée de donner au monde ce Seigneur. Elle est le corps du Christ, c’est-à-dire l’être au monde, le visage de Dieu pour aujourd’hui. Nous savons bien que ce visage est souvent abîmé, déformé dans nos vies comme dans notre Eglise. Mais Marie nous en montre le chemin et le Seigneur ne cesse de nous renouveler, de nous rafraîchir… Marie devient pour nous le modèle. C’est pour cela que nous la prions. Elle nous donne et nous emmène vers le Seigneur. Elle nous accompagne dans le chemin, parfois difficile, de nos vies. Elle est la servante du Seigneur, la croyante, elle est la Mère de l’Eglise… Accueillons avec elle Celui qui vient dans nos vies, dans notre monde, dans notre Eglise.

Homélie du 05 décembre 2021 2ème dimanche de l'Avent

L’ensemble des textes aujourd’hui nous fait entrer dans la joie, l’espérance. Voici que Dieu fait une promesse qui vient transformer notre vie, notre monde. Même les chemins tordus sont appelés à être redressés, même les collines ou les escarpements vont être allégés, aplanis. Un monde nouveau de joie, de lumière, de miséricorde, de justice est promis. La venue de Jésus s’inscrit complètement dans ce projet, il vient le réaliser et le mener jusqu’à sa plénitude. Mais avec lui, on n’est pas dans de belles idées, de magnifiques discours, la réalisation de la promesse entre dans l’histoire humaine. Le début de passage d’Evangile insiste sur cette dimension historique. On donne une date : l’an 15… on donne des noms : Tibère, Ponce Pilate, Hérode, Philippe, Lysanias, Hanne et Caïphe. On donne des lieux : Judée, Galilée, Iturée, Traconitide, Abilène. Des dates, des personnes, des lieux… un espace et un temps, voilà bien ce qui fait notre histoire, notre vie. Et bien c’est là qu’entre la parole de Dieu. Dieu, en Jésus entre dans l’histoire la plus concrète, la plus précise. Il entre donc dans nos vies, dans notre monde… et chacun pourrait réécrire ce passage de Saint Luc… en donnant des dates, des noms, des lieux… c’est ici, c’est dans notre monde tel qu’il est avec ses blessures, ses attentes que le Seigneur vient apporter et réaliser sa promesse. Il ne fait pas semblant, il n’a pas posé le bout du pied sur terre. Non il s’est fait l’un d’entre nous et c’est à chacun qu’il propose ce monde nouveau de joie et de lumière. La vie éternelle est commencée. Encore faut-il l’accueillir, accueillir Celui qui vient aujourd’hui. Préparons, accueillons, travaillons pour que la joie promise par Celui qui s’est fait l’un d’entre nous se réalise pleinement en nous, dans notre monde.

Homélie du 28 novembre 2021 1er dimanche de l'Avent

En écoutant ce passage d’Evangile, le premier réflexe est la peur… Jésus annonce des bouleversements, des catastrophes… le soleil, la lune, les étoiles, la mer : tout semble ébranlé, affolé, désemparé… La création telle que nous la connaissons semble être remise en cause… Mais il n’y a pas que cela dans le texte. Il y a aussi fortement une annonce : annonce d’un monde nouveau, d’une nouvelle création, d’un nouvel ordre… alors Jésus invite à une attitude qui n’est pas celle de la peur… au contraire : il invite à rester éveillé, à prier, à relever la tête, à se redresser et même à se tenir debout…Il n’invite pas à se baisser, s’abaisser, se replier sur soi, ni même à se mettre à se mettre à genoux, à s’écraser… Non, il invite à être debout, la tête haute… on peut dire à être libre, pleinement soi-même, heureux. Mais alors pourquoi faut-il ainsi se relever ?

Tout simplement parce qu’il vient le Seigneur, ou bien le Fils de l’Homme comme dit Jésus lui-même. Il vient, il est tout proche. Il vient dans notre monde, dans notre vie. Dans le désordre, Dieu vient mettre de l’ordre, il vient apporter la justice comme le disait Jérémie. Il vient relever, il vient sauver toute l’humanité. Nous croyons qu’avec la venue de Jésus un monde nouveau est commencé. Il est commencé, il a encore beaucoup à se développer. Son Royaume, son Règne n’est pas entièrement épanoui, mais son action se continue. Il se donne à nous et il agit dans notre monde, dans nos vies. Nous en avons tous tellement besoin. Il suffit d’écouter, de suivre l’actualité pour constater que notre monde est bien bouleversé, l’humanité abîmée, l’homme capable de détruire et de tuer, la création mise à mal… mais nous osons croire que l’amour de Jésus est à l’œuvre et qu’il continue de venir. C’est tout simplement pour cela qu’il est bon de se préparer à Noël et que c’est une grande fête pour chacun… Alors, veillons, prions, relevons la tête, tenons-nous debout… le Seigneur vient, il est notre Sauveur.