Homélie dominicale par le père René Aucourt

Homélie du 20 juin 2021

Avec Jésus, on bouge, on ne tient pas en place. Suivre Jésus c’est avancer sur un chemin. Il invite ses disciples à passer de l’autre côté, sur l’autre rive. Il prend un bateau et il traverse le lac, la mer comme on le dit à l’époque de Jésus. Et cette avancée, ces déplacements ne  se font pas toujours facilement. Il y a même parfois du vent et des tempêtes.

Notre foi ne nous laisse pas tranquille. Elle nous invite toujours à avancer, à nous mettre en route. Elle n’est jamais statique, figée. Elle nous pousse à avancer. Nous en avons tous l’expérience et nous savons combien c’est parfois difficile. Il ne s’agit pas de bouger pour bouger. La foi ce n’est pas avoir la bougeotte, mais c’est avancer toujours, aller à la rencontre des autres, à la rencontre de soi-même, aller, se mettre en route pour découvrir le visage de Dieu.

Et nous savons aussi que nous traversons des tempêtes, des remises en cause, des doutes. Dans la Bible, la mer est le symbole du mal, de l’inconnu qui peut vraiment tout remettre en cause. Le mal nous entoure, et la tempête nous rend malade et peureux. Les épreuves de la vie en sont le signe. Nous crions notre peine et nous avons souvent l’impression que Dieu lui-même est absent… il dort sur le coussin à l’arrière du bateau. Nous nous débattons avec notre peur : « nous sommes perdus »… L’aventure de notre foi, de notre vie est aussi une épreuve. Epreuve parfois de l’absence de Dieu ; nous crions et il ne fait rien…

Ici, Jésus se réveille et il menace le vent et la mer. Il est le maître du mal. Il est plus fort que la mort. Il est vainqueur du mal. Dans notre vie aussi, nous en avons, heureusement parfois l’expérience. Le Seigneur vient à notre aide, il nous prend par la main et il nous aide à nous relever et à reprendre le chemin.

Au début du texte, il a invité les disciples à passer sur l’autre rive, il a même dit : passons sur l’autre rive. Il va donc lui aussi passer sur l’autre rive avec ses disciples, avec nous. Lui, Jésus, est passé par la mort, il a traversé la mer, il a connu la tempête et il a été maître du vent et de la mer : il est ressuscité, il a vaincu la mort.

Et c’est là qu’il nous entraîne. Il marche avec nous. Lui, le premier-né d’entre les morts, le Ressuscité passe le premier et nous entraîne avec lui. Notre chemin de foi se vit avec lui. Nous empruntons le même chemin. Vive sa foi c’est se mettre à la suite du Christ mort et ressuscité. Lui sera toujours là, même au cœur des plus grandes tempêtes.

Homélie du 06 juin 2021

Les textes d’aujourd’hui emploient souvent le mot « sacrifice » avec toutes les images qui vont avec, en particulier celle du sang versé. Ces images nous déroutent un peu. Parler de l’eucharistie, de cette fête, cette Fête-Dieu dans ces termes semblent être d’un autre âge. Alors justement il faut s’y arrêter pour mieux comprendre. Le sacrifice existait dans toutes les civilisations. Il s’agissait de prendre du vivant, souvent un animal et de le tuer pour l’offrir à un dieu qui serait ainsi heureux de recevoir ce cadeau, ce geste gratuit, uniquement pour lui. Il s’agissait de faire plaisir, souvent de calmer, d’amadouer ce dieu pour qu’il ne soit pas en colère ; il s’agissait tout simplement de nouer une relation avec ce dieu et de prouver toute la bonne volonté de l’homme, ou du peuple. Cet animal sacrifié devenait alors sacré, c’est-à-dire mis du côté de Dieu.

Avec Jésus on a continué de faire jouer ces images mais on les a transformées. Il n’est plus question d’animal, mais d’une personne. Il n’est plus question d’objet extérieur, mais d’une personne qui se donne elle-même. Jésus s’offre, se donne pour Dieu son Père et pour toute l’humanité. Il n’est plus question d’amadouer, ou de clamer Dieu… il est question uniquement d’amour. Jésus se donne par amour, et ainsi il entre complètement dans l’amour de Dieu le Père. Jésus le fait en passant par la mort et la résurrection. C’est ainsi qu’il peut dire à son dernier repas : ceci est mon corps, prenez et ceci est mon sang versé pour vous… Il précise même qu’il s’agit du sang de l’Alliance qui est versé pour la multitude. Ainsi c’est toute l’humanité qui reçoit ce don, ce cadeau.

Lorsque nous célébrons l’eucharistie nous entrons dans ce mouvement, dans ce don du Christ Jésus. Nous nous souvenons qu’il a donné sa vie une fois pour toutes et qu’il l’a fait pour chacun d’entre nous. Nous sommes entraînés, on pourrait aussi rassemblés, récapitulés dans ce don d’amour. Célébrer l’eucharistie nous ouvre toujours à l’humanité toute entière. Il ne s’agit pas de se replier sur soi-même, sur un petit groupe privilégié ... non, tous les hommes sont présents. Je me souviens d’une personne qui répondait à la question : « vous devez être triste de voir que vos enfants ne viennent pas à la messe avec vous … oui, c’est triste, mais je peux vous assurer qu’ils sont quand même présents à chaque messe… ils sont dans ma prière. » Oui, l’Eglise qui célèbre est toujours ouverte au monde entier.

Et célébrer c’est donc entrer dans le mouvement du don du Christ, donc c’est une invitation à le vivre, à donner notre vie, à notre tour, à la suite du Christ Jésus. Nous rompons le pain pour un monde nouveau. Autrement dit la charité va toujours avec l’eucharistie. N’oublions pas que nous sommes toujours envoyés à la fin de la messe… Envoyés pour vivre ce que nous sommes, envoyés avec le dynamisme, le mouvement du don inauguré par Jésus le Christ.

Homélie du 30 mai 2021

Aujourd’hui des jeunes disent, expriment leur foi avec leurs mots. L’Eglise aujourd’hui est appelée à dire et à célébrer sa foi en Dieu Père, Fils et Esprit, autrement en un Dieu Trinité. Cela peut nous paraître être des formules bien compliquées pour exprimer quelque chose que de toute façon nous ne comprendrons jamais. On entend parfois : « ne compliquons pas ; il suffit d’employer le mot Dieu et toute le reste est inutile… » Regardons de plus près l’Evangile. C’est à la fin de l’évangile de Matthieu, les dernières paroles de Jésus. On pourrait dire son testament et on sait combien les dernières paroles d’une personne sont importantes et combien on aime les garder. Les disciples ont gardé précieusement ses paroles. Cela se passe sur une montagne. L montagne dans la Bible c’est toujours le lieu de la rencontre comme si le ciel et la terre se rejoignaient. C’est là que Dieu parle, se révèle. Il est dit que les disciples ont du mal à croire, ils ont des doutes mais Jésus s’approche, il se fait proche et il leur parle. Dieu n’est pas perdu dans son ciel, il se fait proche de chacun d’entre nous. Il vient nous rejoindre, il vient rejoindre nos doutes et nos questions… et nous savons combien elles sont nombreuses. Mais vous les jeunes vous l’avez écrit : vous souhaitez avancer sur ce chemin, avec vos questions et vos doutes mais « nous avons envie d’en savoir plus sur toi Seigneur, et nous avons envie de continuer notre chemin auprès de toi. » Sachez que Jésus s’approche de vous et vient à votre rencontre pour marcher avec vous… et marcher avec chacun d’entre nous, jeune ou moins jeune.

Et Jésus dit tout de suite : « Allez… » Il ne dit pas : restez bien en place, ne faites rien, attendez que ça se passe. Non, immédiatement, il envoie, il invite à bouger, se bouger. Il invite à aller vers toutes les nations… donc vers tout le monde… pas seulement quelques-uns, quelques personnes bien choisies… mais tous et toutes. Aller vers pour baptiser et enseigner… c’est-à-dire pour témoigner de la présence de Dieu, pour en vivre, pour mettre en œuvre dans notre vie ce qu’il nous a enseigné. Vous les jeunes en avait l’expérience… vous avez écrit encore : « nous avons pris plaisir à nous retrouver à la maison paroissiale, à partager du bon temps et à réfléchir sur la différence, à trouver comment aider et s’entraider à notre niveau, à parler de toi tout simplement. » Se retrouver, partager du bon temps, réfléchir, vivre dans le respect des différences, nous entraider… c’est votre façon de témoigner de cette foi en Dieu qui est amour, Dieu Père, Fils et Esprit.

Et enfin, Jésus dit : « je suis avec vous tous les jours » Ses dernières paroles sont encore pour nous dire sa présence. Il est présent, avec nous. Il marche avec nous. La foi ce n’est pas croire en des choses bizarres et compliquées, c’est croire en cette présence, c’est faire confiance ? Croire que nous sommes aimés, que Dieu se fait proche, qu’il nous envoie, que nous sommes invités à témoigner par toute notre vie et qu’il marche toujours avec nous ; Croire, c’est aimer à l’image de Dieu Trinité le Père, le Fils et l’Esprit.

Homélie du 23 mai 2021

En cette fête de la Pentecôte, nous sommes invités à entrer, à avancer sur le chemin de la foi. Cet évangile nous y invite, c’est vrai avec des mots et des expressions un peu difficiles. Mais tout le texte nous parle d’une relation. Jésus parle de sa relation avec son Père et il présente l’Esprit Saint comme une autre relation, d’une certaine façon le résultat, la suite de cette relation entre le Père et le Fils. Une jeune de la profession d’aujourd’hui a écrit : je crois en Dieu comme je crois en vous. C’est vrai que nous croyons les uns dans les autres, autrement dit, nous faisons confiance : si ne nous ne faisons pas confiance nous ne pouvons pas vivre, nous sommes empêchés de vivre. Nous faisons confiance en nos proches, nos parents, nos amis, des personnes que nous aimons… nous croyons qu’elles peuvent nous aider. Leur présence tout simplement nous fait du bien. Nous sommes heureux d’être en relation avec eux. La foi en Dieu est bien du même ordre. Nous croyons en Dieu comme nous pouvons croire les uns dans les autres, croire c’est-à-dire faire confiance. La foi ce n’est pas une liste de choses plus ou moins bizarres auxquelles il faudrait adhérer sans réfléchir. Non, croire c’est entrer en relation de confiance. C’est entrer dans cette relation qui existe entre le Père, le Fils et l’Esprit. Une relation qui respecte chacun. Dans le récit de la Pentecôte, chacun arrive avec sa propre culture, sa propre histoire et chacun reste bien ainsi. Les Romains ne sont pas les Parthes, et les crétois ne sont les arabes. Chacun est bien respecté dans sa différence et en même temps il est possible d’être rassemblés, unis. Chacun dans sa langue proclame la gloire de Dieu. C’est l’Esprit de Dieu qui peut ainsi rassembler, dans le respect de chacun. Entrer dans la relation de confiance avec Dieu c’est bien être soi-même, rester soi-même mais c’est aussi pouvoir se rapprocher les uns des autres, c’est pouvoir se rencontrer, c’est pouvoir tout simplement s’aimer. Croire c’est entrer en relation vraie avec les autres.

Et c’est croire que Jésus lui-même vient en relation vraie avec chacun d’entre nous. C’est bien aussi le sens de ce que nous célébrons aujourd’hui avec ces premières communions. Oui Jésus est tellement en relation avec nous qu’il vient en nous, que nous pouvons le recevoir, au plus intime de nous-mêmes. Il se donne à nous. Il veut lui-même entrer en relation avec nous. Il croit en nous. Et comme l’un d’entre vous l’a écrit : « Dieu nous aime quoi que l’on fasse, que ce soit quelque chose de bien ou de mal. » « Il nous a donné la vie, il nous protège, il nous donne de quoi vivre. » Croire c’est se laisser aimer et avancer toujours dans cet amour.

Homélie du 16 mai 2021

  Premières communions de Elsa, Eloïse, Thomas, Bastien, Bastien, Tanguy, Baptiste
Dans ce passage d’Evangile, on voit Jésus qui est en train de prier. Il s’adresse à Dieu son Père et il prie pour ses disciples, ses amis, pour ceux qui veulent le suivre. Il demande à son Père : « garde-les ». Ainsi on peut dire que Jésus prie pour nous, pour chacun d’entre nous. Il pense à nous. Les enfants qui vont communier pour la première fois ont écrit une lettre où ils ont expliqué pourquoi ils souhaitent faire cette démarche. Vous avez écrit avec vos mots votre désir d’être vous aussi disciple, ami de Jésus : « Je crois en Jésus, je l’aime et surtout il est très important dans ma vie. Je suis Jésus et je veux avancer dans ma vie chrétienne. J’ai envie de suivre Jésus. Je veux suivre, connaître Jésus et vivre ma vie en tant que chrétien. » Vous souhaitez suivre Jésus, vous mettre à sa suite. Jésus dans cet Evangile promet à la fois que ce n’est pas facile… il dit : le monde les a pris en haine… » c’est vrai qu’être ami de Jésus ce n’est pas facile, ce n’est pas toujours compris. Mais Jésus dit qu’il sera là, présent, toujours. Il aide même si c’est parfois difficile. Et il promet aussi la joie : « qu’ils aient en eux la joie et qu’ils en soient comblés. » Se mettre à la suite de Jésus c’est recevoir et vivre de la joie. Vous allez recevoir la communion, Jésus vient chez vous. Dans l’Evangile, Jésus emploie un autre mot… c’est le verbe « sanctifier », être sanctifié … c’est-à-dire devenir saint. Dieu seul est saint… il nous dit donc qu’en le suivant, nous devenons comme lui… un saint, non pas un saint triste comme une statue enfermée dans une niche, mais un enfant, un homme, une femme remplie de joie, de vie, qui aime les autres, qui prie. C’est un chemin qui n’est jamais fini et aujourd’hui vous nous le rappelez et vous nous inviter, quel que soit notre âge ou notre situation à avancer sur ce chemin, peut-être à le reprendre. Vous l’avez écrit aussi : « Je ne veux jamais oublier Dieu. J’aime entendre la Parole de Dieu Je veux apprendre encore plein d’autres choses sur Jésus. «  Continuons ensemble à avancer sur le chemin de la foi. Jésus nous donne sa force, son Esprit. Il vient en nous.

Homélie du 13 mai 2021

Avec l’Ascension vient le temps de l’absence de Jésus… il disparait de nos yeux, il est d’une certaine façon à distance. Mais il ne nous laisse pas tomber. Nous ne le voyons plus : c’est le temps de la foi. C’est aussi le temps de la responsabilité. Le Seigneur nous envoie : allez dans le monde entier. C’est donc à nous aujourd’hui de vivre de sa Parole, de l’annoncer, de témoigner de notre foi.

Le passage d’Evangile vient de nous le dire : « Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient. » Le Seigneur travaille donc avec nous. Il ne nous oublie pas, il ne nous abandonne pas. Nous sommes donc ses collaborateurs proches. Il travaille avec nous, il nous envoie son Esprit Saint. Ce n’est pas facile, pas évident surtout dans les moments difficiles, dans la situation que nous vivons. Et pourtant c’est bien là que nous pouvons proclamer l’Evangile, avec les gens de notre entourage, de notre quotidien, dans nos familles, nos rencontres, dans les groupes où nous sommes investis, l)à où nous sommes. Il nous aide et il nous donne des signes.

Ici l’Evangile nous fait une liste de signes. Cette liste est surprenante. Voici les signes : « en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. » Derrière ces expressions nous pouvons trouver des signes  qui nous sont donnés aujourd’hui. Expulser les démons c’est-à-dire, au nom de Jésus, mettre le démon, le diviseur en échec… lorsque par exemple une réconciliation se réalise le démon est expulsé. Mais il y a tant d’autres situations. Parler des langues nouvelles. Parler la langue de l’amour et de tendresse, dire des mots, des expressions qui disent l’attention, la proximité…Prendre des serpents dans les mains, boire un poison mortel et rien ne fera mal. C’est-à-dire aller au-delà du mal, traverser le mal, la haine par exemple, aller plus loin que le découragement, ne pas se laisser prendre dans les filets de la peur. Et aussi imposer les mains aux malades… il y a tant de façons d’apporter la paix, la guérison. Il y a des paroles, des gestes qui guérissent, parfois un simple coup de téléphone… Chacun peut prolonger ces signes. Ils sont en fait très nombreux. Oui, au nom de Jésus, des chrétiens de par le monde travaillent et la Parole de vie se diffuse. Ils proclament partout l’Evangile et des signes nous accompagnent.

Homélie du 09 mai 2021 6ème dimanche de Pâques

L’évangile d’aujourd’hui a des airs connus… Aimez-vous les uns les autres est peut-être la phrase la plus connue et souvent elle sert de résumé pour dire l’essentiel de la religion chrétienne. C’est vrai, mais aujourd’hui cet évangile nous invite, comme toujours, à aller plus loin, plus en profondeur. S’aimer les uns les autres, tout le monde est à peu près d’accord. C’est vrai qu’il vaut mieux s’aimer plutôt que de se taper dessus. Jésus n’a pas dit cela. Il dit immédiatement la source, l’origine, le pourquoi. Il dit : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés… et peut  mot « comme » change toute la perspective. C’est lui qui nous a aimés et qui nous en montre le chemin. Toute sa vie, il nous a prouvé et montré ce que c’est qu’aimer en vérité. Aimer c’est donner, c’est se donner. Il a donné sa vie jusqu’à l’extrême. Il a souffert par amour, il est mort sur la croix par amour, il est ressuscité par amour. Un théologien disait : si, lorsque je parle de Dieu ou du Christ Jésus, je ne peux pas mettre le mot amour à coté, alors c’est que je me trompe, et que je suis en train d’inventer n’importe quoi, que mon image de Dieu est fausse. C’est donc lui la source, et nous sommes invités à entrer dans ce mouvement, dans cet élan, dans ce dynamisme,  dans cette vie. Nous sommes invités non pas comme des exécutants, comme des esclaves, comme des obéissants, comme des petits garçons bien gentils mais justement comme des amis. Jésus ne nous appelle serviteurs mais amis. Nous participons à l’amour du Christ et nous entrons dans son amitié alors nous pouvons aimer. Nous sommes donc associés à cet amour, nous entrons dans ce mouvement. C’est ce qui nous pose, nous enracine. Jésus dit que nous sommes ainsi établis dans son amour. C’est notre profondeur. Mais immédiatement Jésus nous dit que cet amour est fait pour être donné, partagé. Il faut aller, porter du fruit. Aimer ce n’est pas s’enfermer, s’enfoncer dans son fauteuil… c’est aller, se lever, porter du fruit… toujours à l’image  et à la suite de l’Ami, du véritable Ami qu’est Celui qui a donné sa vie pour nous.

Homélie du 25 avril 2021 4ème dimanche de Pâques

Jésus développe cette affirmation tout au long de ce passage : « je suis le bon pasteur. »Pour parler de lui, pour dire qui il est vraiment, Jésus emploie cette image qu’il faut faire résonner. Pasteur donc il y a forcément un lien avec un troupeau, avec un ensemble. Jésus n’est pas solitaire, mais il est en relation, il est lié aux hommes, à toute l’humanité. Ce lien n’est pas uniquement une petite relation, on dirait une relation de hasard ou de travail. Non il est question tout au long de l’évangile de connaissance, c’est-à-dire de relation particulière, privilégiée. Jésus connait ses brebis et ses brebis le connaissent. Il y a un lien, une relation unique. Jésus est en relation avec son Père et avec ses brebis. Jésus est lié à toute l’humanité et ce lien plonge ses racines dans le Père lui-même. La foi chrétienne n’est pas une démarche intellectuelle comme quoi, il faudrait croire à des choses plus ou moins bizarres… non, la foi chrétienne est au plus profond d’elle-même une invitation à entrer dans une relation d’amour. Croire c’est accueillir et entrer dans une relation.

Avec cette connaissance, ce bon berger est toujours défini comme celui qui donne sa vie pour se brebis. L’expression est répétée plusieurs fois. Ce pasteur connait ses brebis et il leur donne sa vie. Connaître et aimer, c’est donner, se donner. Jésus l’a montré, l’a vécu tout au long de sa vie jusqu’à mourir sur la croix. Toute sa vie, il a donné sa vie, par amour.

Ce pasteur toujours en relation, qui donne sa vie pour l’humanité nous guide et nous entraîne, il passe le premier, il rassemble dans un même élan toute l’humanité. Ce pasteur accompagne et guide l’Eglise, son peuple, son troupeau. C’est le sens profond du mot « pastorale ». On parle de pastorale des jeunes, de la famille, du tourisme ou des étudiants… cela nous rappelle que toutes les situations humaines deviennent des lieux pour vivre à l’image du vrai berger. L’Eglise, donc chacun de nous est invité à prendre les pas du vrai pasteur, à entrer en relation, à donner sa vie, à rassembler pour découvrir et avancer avec et à la suite du Christ, le seul Pasteur. Pour cela il y a besoin de pasteurs, de personnes qui s’engagent… nous prions aujourd’hui pour les vocations, pour que beaucoup répondent à l’appel et suivent le bon Pasteur. Nous prions aussi pour que chacun d’entre nous, chaque brebis s’engage également, prenne ce regard du bon Pasteur qui donne sa vie pour l’humanité.

Homélie du 18 avril 2021, 3ème dimanche de Pâques

Tout au long de ce temps pascal, Jésus le Ressuscité continue de se présenter à nous. Aujourd’hui il se présente aux apôtres. Ils ont bien du mal à comprendre. Ils sont saisis de frayeur et de crainte, ils n’osent pas y croire, ils sont saisis d’étonnement. Tout se trouble et se mélange dans leur cœur. Nous les comprenons bien.

Il y aurait aujourd’hui près de 25 % des personnes qui se disent chrétiennes et qui ne croiraient pas en la résurrection de Jésus… Les chiffres sont peut-être faux mais ils disent bien que ce n’est pas simple de croire en Jésus ressuscité.

Ce Jésus qui se présente aux apôtres, à la fois, c’est bien le même… il a un corps, ce n’est pas un esprit. On peut le toucher, on peut reconnaître ses plaies, il mange du poisson devant eux, il parle. Et en même temps, ce n’est plus le même. Il se rend présent un peu partout, sans prévenir. Il est bien revenu du monde des morts. Mais comme pour toutes les fois où il se présente comme ressuscité, il dit : « la Paix soit avec vous » et il explique les Ecritures. Ainsi il montre qu’avec lui un monde nouveau est commencé. La paix, ce grand projet de Dieu pour toute l’humanité, est donnée, partagée. Elle devient bien réelle et présente. Le Ressuscité apporte cette paix et vient changer par sa présence notre vie et notre monde. La paix, nous la recherchons tous : au plus profond de nous-mêmes, dans notre entourage, nos relations et notre monde en a tant besoin… Cette paix profonde à ne pas confondre avec la tranquillité est ce signe d’un épanouissement, d’une présence qui comble, qui change notre vie. Elle est donc à accueillir d’abord. Ce qui n’est pas simple, ni facile. Les apôtres ont bien du mal à recevoir cette présence. Nous sommes nous aussi traversés par tant de questions et de remises en cause, tant de doutes et d’épreuves. Mais le Ressuscité l’assure, la paix est là, avec la présence du Ressuscité.
Après cette reconnaissance, toujours à refaire, vient la mission. Le dernier mot de cet Evangile sera : A vous d’en être les témoins. La paix reçus, la présence donnée sera toujours à partager. Elle ne peut pas se garder enfermée. Elle est fait pour être diffusée largement, à toutes les nations, dit le Ressuscité.

Croire au Christ ressuscité ne n’est pas croire en des bizarreries, des curiosités, des choses impossibles, d’un autre monde. Non, c’est reconnaître que dans nos vies, dans notre monde le Christ se rend présent et qu’il partage sa paix qui vient éclairer notre monde et changer nos vies. Croire au Christ ressuscité, c’est en vivre et en témoigner par toute notre vie…partout, à toutes les nations.

Homélie du 11 avril 2021, 2ème dimanche de Pâques

«  Les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées » A huit jours d’intervalle, c’est la même situation. Ces mots reviennent par deux fois. Les disciples se sont enfermés, ils sont pris dans la peur, ils sont eux-mêmes verrouillés, repliés dans leur peine et leur désespoir. Tout ce qu’ils avaient prévu s’est écroulé. Leur ami, leur maître Jésus a été mis à mort. Ils n’ont plus d’avenir.

Nous sommes nous aussi si souvent dans cette situation. L’échec, la peur, la crainte de l’autre semble avoir gagné. Nous verrouillons nos portes. Ce temps d’épreuve que nous traversons en est une illustration. Il nous faut nous confiner…

Mais c’est là, au cœur de cette situation que le Ressuscité vient rejoindre les disciples. « Il était là au milieu d’eux. » Les mots sont si simples. Il vient et il est là. Il est donc présent, il offre sa présence, sans condition. Il n’est pas à distance, il n’y a pas de gestes barrières, il ne regarde pas de loin, ou de haut. Il est là.

La foi au Christ ressuscité reste toujours difficile pour nous. Nous aimerions avoir des explications, des preuves, des réponses à toutes nos questions… Comment c’est possible ? Comment il a fait pour traverser les murs ?  Dans ce sens-là, nous aimons beaucoup Thomas parce qu’il pose nos propres questions, il demande à voir, à toucher, ensuite seulement il pourra croire. Il veut avoir des réponses concrètes à ses questions. Il a la chance de voir Jésus se présenter à lui. Jésus qui l’invite même à toucher, à mettre sa main dans son côté. Mais Thomas répond immédiatement par la foi. Il dit : « Mon Seigneur et mon Dieu. » En fait on ne sait pas s’il l’a fait. Le texte ne le dit pas. L’essentiel c’est qu’il entre dans la foi. Et Jésus déclare heureux ceux qui croient sans avoir vu. Il nous déclare donc heureux.

Les seuls mots pour dire la résurrection sont de l’ordre de la présence. Croire au Christ ressuscité c’est essentiellement croire à sa présence au milieu de nous, et tout particulièrement dans nos enfermements. Une présence qui emmène sur le chemin de la foi, c’est-à-dire de la reconnaissance de Jésus comme notre Seigneur et notre Dieu. Et cette foi est toujours source de paix et de vie, de libération, d’envoi. Jésus se présente et dit « Paix » et il envoie en mission.

Croire en la Résurrection du Christ c’est reconnaître sa présence jusqu’au cœur de nos enfermements et c’est être envoyés pour dire la paix et la vie… « pour que, en croyant, nous ayons la vie en son nom. »

Homélie de la Vigile pascale 2021

« De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au tombeau dès le lever du soleil. » C’est le matin, c’est le premier jour, c’est le temps du lever du soleil : c’est le temps des commencements, c’est le temps d’une création nouvelle. Mais elles doivent passer par le tombeau. La mort n’est pas oubliée, elle n’a pas disparu. Nous mettons nos pas dans ceux de ces femmes. Nous aussi nous sommes marqués par le tombeau et la mort, mais nous désirons si profondément qu’un monde nouveau puisse naître. Nous-mêmes et notre monde continuent d’être marqués par l’inquiétude et la peur… nous sommes toujours empêchés pour prévoir, faire des projets… l’avenir reste toujours incertain et inconnu. Les questions sont nombreuses et il nous semble bien que personne ne va pouvoir rouler la pierre de nos tombeaux. Il nous faut, comme les femmes, lever les yeux, relever la tête. Nous ne pouvons pas rester enfermés dans la peur, perdre l’espérance.

Les femmes reçoivent alors un message  en fait très déroutant : « il est ressuscité, il n’est pas ici. » Ce qui leur est donné c’est l’absence, le vide… il n’y a que l’endroit où on l’a déposé, mais lui il n’est pas là. Les preuves matérielles sont très pauvres, quasiment absentes. Ce n’est pas de ce côté qu’il faut chercher. Il ne faut pas rester dans le tombeau. Il ne faut pas baisser les bras. C’est le temps de la foi qui s’ouvre alors à nous… Ne cherchons pas des preuves matérielles de la résurrection… nous ne pouvons qu’être déçus.

Les femmes reçoivent alors une invitation forte : « allez dire. » Il faut bouger, se mettre en route et il faut témoigner, raconter, montrer par toute sa vie que le Ressuscité a bien inauguré un monde nouveau. «  Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez comme il vous l’a dit. » Le Ressuscité nous précède, il passe devant, il, passe le premier. Il donne sans cesse sa présence. La foi est l’assurance d’une présence toujours active. Le Vivant passe le premier. Il ne cesse de nous accompagner, de marcher avec nous. Il est présent au cœur de ce qui fait notre vie. La mort et les questions ne sont pas supprimées mais nous sommes forts de la présence d’un amour vivant. Et cette présence sera toujours un premier jour, un lever de soleil, une promesse de vie plus forte que toute peur.

Homélie du Jeudi Saint 2021

« Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous avez raison. » Voici ce que nous venons d’entendre dans cet Evangile. Jésus dit clairement que nous avons raison de le reconnaître comme un Maître et comme le Seigneur. Oui, il est grand, oui il est Dieu, Fils de Dieu. Oui, nous lui reconnaissons une autorité, une grandeur, une puissance. Oui, il est Tout- Puissant. Et nous pouvons ainsi multiplier les expressions pour exprimer ce que nous reconnaissons en lui. Il est le Seigneur de nos vies, le Seigneur du monde.

Mais aujourd’hui, en ce Jeudi Saint, il nous faut vraiment bien comprendre ce que nous disons. Il nous faut le contempler. Voici que le Tout- Puissant se met à genoux devant l’homme, voici que le Seigneur prend la place de l’esclave pour laver les pieds. Voici que le Maître montre son amour jusqu’à l’extrême. Et demain nous le verrons rejeté, pris dans un procès injuste, moqué, craché au visage. Nous verrons un Dieu condamné comme un condamné à mort de droit commun, un Dieu au côté transpercé par la lance, un Dieu déposé entre les mains des hommes. Un Seigneur qui passe par la mort.

Nous n’aurons jamais fini de nous étonner de ce qui nous parait une contradiction évidente. Seul l’amour peut unifier ces deux dimensions. Tout ce qu’il a vécu, tout ce qu’il a fait, tout ce qu’il a subi… tout cela c’est par amour pour les hommes. Ce qui est important, au-delà de l’intensité de la souffrance et du rejet, c’est l’intensité de l’amour qui est premier. Alors oui, il est vraiment Tout-Puissant en amour, il est vraiment le Maître de l’amour, le Seigneur de l’amour. C’est ainsi qu’il a aimé les siens qui étaient dans le monde et qu’il les a aimés jusqu’au bout, parfaitement.

Et si nous reconnaissons Jésus comme notre Maître et notre Seigneur, nous sommes alors invités, comme il nous le demande, à être comme lui, à vivre comme lui, à aimer comme lui : « afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » A notre tour de nous lever, de déposer ce qui nous entrave, à nouer le tablier le service et apporter l’eau du bien-être. Le service de l’autre passe toujours par l’invention. Le champ est large et libre devant nous. Nous pouvons toujours inventer un geste, une parole, un engagement, un sourire, un don, une attention… L’amour est inventif. Notre Maître et notre Seigneur nous a montré le chemin : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » Là où est l’amour, Dieu est là.

Homélie du 21 mars 2021, 5ème dimanche de Carême

«  J’attirerai à moi tous les hommes » La promesse de Jésus le Christ s’ouvre comme une très large perspective pour notre humanité. Un projet extraordinaire qui s’est réalisé parfaitement avec la vie donnée sur la croix. L’homme de son côté a soif de cette rencontre. « Nous voudrions voir Jésus » disaient les grecs. Chacun d’entre nous a ce désir enfoui en fond de lui-même. Voir c’est-à-dire comprendre et être comblé. Les questions et les angoisses sont si nombreuses. Les pourquoi s’accumulent. Notre vie, notre monde est rempli de ces questions. Qui pourra y répondre ? qui pourra vraiment apporter un peu de lumière ? qui pourra combler cette soif, ce désir ?

Jésus se présente comme celui qui va apporter lumière et vie. Mais d’une façon toute particulière. Ce ne sera pas dans la parade, la gloriole. Ce sera en passant par la mort. Ce sera en donnant sa vie, comme un grain de blé qui passe par la mort pour donner du fruit en abondance. Ce sera à travers le service. Lui sera le véritable serviteur de l’homme et c’est ainsi qu’il reçoit la gloire et qu’il la partage à tout homme. La gloire c’est-à-dire la vie, celle qui a du poids, de la valeur. Celle qui existe vraiment. Cette gloire, il la reçoit et il ne la garde par pour lui mais il la donne, largement à tout homme. C’est ainsi que tout homme est attiré par lui. ? Tout homme peut ainsi recevoir la lumière pour sa vie, pour notre monde.

C’est pour aujourd’hui. Notre monde est pris par des injustices. Le manque d’eau, le manque de nourriture, l’absence de travail, les réfugiés sur les mers ou sur les routes sont autant de réalités douloureuses. Mais au cœur de tout cela des hommes et des femmes s’engagent pour le service de tous, ils donnent aussi à leur façon leur vie. Ils se font serviteurs… et c’est ainsi que la gloire du Ressuscité se partage et se diffuse.

Reconnaître le Christ ressuscité qui attire tous les hommes, c’est aussi être appelé à vivre de cette lumière et de cette gloire à son image, en vivant le service en donnant sa vie comme le Christ glorieux. Ce processus de mort et de vie, de service nous tient vivants et nous lie tous ensemble, « comme une gerbe aux lourds épis pleins de promesses. «  Le Serviteur attire à lui tous les hommes.

Homélie du 14 mars 2021, 4ème dimanche de Carême

Jésus nous laisse aujourd’hui ces mots : « Celui qui fait la vérité vient à la lumière. » La lumière, nous en avons tous tellement besoin. Nous avons si souvent l’impression d’être pris dans les ténèbres, de ne plus rien voir, d’être perdu, égaré. Nous en faisons l’expérience pour nous- mêmes mais aussi pour ceux qui nous entourent et plus largement encore pour notre monde tel qu’il va. Au plus profond de l’homme, il y a cette recherche de la lumière. Mais il faut aussi avouer que cette lumière nous fait peur. Et Jésus le précise bien. Accueillir la lumière c’est accepter que soit mis en avant, mis en lumière tel ou tel aspect de notre vie ou de notre monde qui ne fait pas plaisir, qui n’est pas beau à voir. Alors, nous dit Jésus, on peut détester la lumière. On peut refuser la vérité sur nos vies. C’est toujours difficile d’accepter la lumière. Elle dérange toujours. Ainsi nous sommes toujours entre deux attitudes… nous cherchons, nous avons le désir profond de la lumière et de la vérité et nous en avons peur, nous la redoutons, et même parfois nous la détestons.

Jésus connait de l’intérieur le cœur de l’homme. Il s’est présenté comme la lumière du monde et il a pris sur lui la ténèbre et le péché. Il est descendu au plus profond de notre péché, dans l’enfer de notre nuit et il a été élevé de terre. La lumière a été la plus forte.

Alors nous pouvons le regarder, le contempler. Nous pourrons suivre son chemin et, comme il le promet, nous pouvons recevoir, participer à la vie éternelle qu’il est venu partager. La lumière est donnée, toute proche. Il nous faut entrer dans ce dynamisme. C’est ainsi qu’avec lui nous pouvons faire la vérité, nous pouvons venir à la lumière. Faire, venir, autant de verbes actifs qui nous sont proposés en ce milieu de Carême. N’oublions jamais que venir ainsi à la lumière du Christ n’est pas une condamnation qui nous enferme mais c’est une liberté qui vient donner sens.

Hier le Pape François a parlé de la démarche pénitentielle en reprenant ces 3 expressions : « s’abandonner à l’amour », « se laisser transformer par l’amour » et « correspondre à l’amour ». Celui qui fait la vérité se laisse transformer par l’amour, correspondre à l’amour et transformer par l’amour. C’est la lumière de la vérité qui peut jaillir.

Homélie du 28 février 2021, 2ème dimanche de Carême

Nous aimons beaucoup entrer dans une logique qui nous parait naturelle et c’est bien normal. Par exemple, nous pensons la terre d’un côté avec le temps, l’espace et par ailleurs le ciel, le monde de Dieu en dehors de notre temps et de notre espace. Nous pensons en termes de vie sur la terre, puis du passage de la mort puis de la vie au ciel, comme on dit. Nous pensons notre temps comme une histoire, avec un avant et un après, avec un hier, un aujourd’hui et un demain. Ici, dans cet Evangile tout est mélangé. La logique n’est plus respectée. On aurait imaginé un avant : Jésus qui vit sur notre terre, comme un homme ; puis Jésus qui passe par la mort ; puis Jésus qui ressuscite et qui vient partager la lumière de sa vie nouvelle. Ce passage d’Evangile mélange tout et on aime bien voir que les apôtres ne comprennent pas tout. Ils se demandent entre eux ce que cela veut dire, nous précise le texte.

En effet, nous avons bien le monde de Dieu, le ciel, qui se présente, se montre sur la terre en Jésus. Le ciel est tombé sur la terre. Il n’y a plus de séparation. Et en plus ce ciel est habité de toute l’histoire du peuple de Dieu … il y a Moïse et Elie. Le temps et l’espace ne sont pas oubliés. C’est l’histoire humaine qui est dans la lumière du ciel. Le ciel et la terre se mélangent.

Jésus se présente dans la lumière de la Résurrection, mais immédiatement il rappelle qu’il faut que le Fils de l’homme passe par la mort. La réalité humaine, dramatique n’est pas oubliée. Jésus ne plane pas dans un monde irréel. Il a bien les pieds sur terre, il va même passer par l’épreuve de la mort.

Ainsi dans ce texte de la Transfiguration, tout nous est donné. Jésus se présente comme le Fils de Dieu, Dieu lui-même, mais il est celui qui va donner sa vie, passer par la mort. Il est celui qui s’inscrit dans une histoire, celle du peuple de Dieu mais il est venu pour la mener au bout. Nous ne pouvons que retenir la parole qui est donnée : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le. » Jésus se donne à nous, il est à accueillir, à écouter, à recevoir et nous n’aurons jamais fini de le contempler.

Dans notre vie de foi, nous essayons au jour le jour de le chercher, de comprendre, de le contempler mais nous savons bien que les jours sont parfois longs, et sombres. Heureusement quelquefois un peu de lumière vient nous éclairer. Il y a des moments dans l’histoire de notre foi où nous avons reçu une force, une grâce, un temps fort, un instant que l’on n’oubliera jamais. Ce sera une parole, une image, un geste, un évènement. Et cela nous illumine encore, même si cela n’a pas duré longtemps, même si c’était très rapide, très fugitif… la lumière continue de briller dans notre cœur. C’est important de s’en rendre compte, de regarder, de relire l’histoire de notre foi. Non pas pour s’y installer et être nostalgique comme Pierre qui voulait dresser une tente et s’installer. Mais plutôt pour accueillir ce Fils bien aimé qui vient éclairer toute notre vie, dans toutes ses dimensions. Il vient éclaire le passé, le présent, l’avenir, l’espace, le temps… Ecoutons-le.

Homélie du 21 février 2021, 1er dimanche de Carême

Marc dans son évangile nous donne souvent des résumés qui deviennent tout un programme de vie. On a aujourd’hui ce que dit et fait Jésus : «  Les temps sont accomplis ; le Règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’évangile. »

Les temps sont accomplis… c’est donc bien le moment. Ce n’est pas pour plus tard, pour un temps imaginaire ou bien pour après notre mort. Non, c’est fait, c’est bien pour aujourd’hui. C’est aujourd’hui que Dieu agit, c’est maintenant qu’il réalise son grand projet. Avec la venue de Jésus un monde nouveau est commencé. Son Règne est tout proche, il est bien là. Mais quel est ce monde nouveau ? Un monde où Dieu a une place, toute sa place. Il est présent et il donne son amour à chacun. Il donne sa vie pour toute l’humanité. Il ne cesse de l’accompagner. Alors c’est la vie de l’homme qui en est toute transformée. Il est possible d’aimer et d’être aimé. Il est possible de donner une place à chacun, et en particulier au plus petit, au plus pauvre. Il est possible de construire un monde où la justice et la paix ne sont pas que des paroles en l’air. Il est possible de construire une maison commune où la création toute entière est respectée. Il est possible d’être relié les uns aux autres, où il est possible de prendre soin de l’environnement, de la personne humaine et de tous les liens qui nous unissent.

Alors l’invitation nous est redonnée d’une façon vigoureuse : il faut nous convertir, c’est-à-dire changer de vie, changer de direction et il faut entrer dans la foi, dans l’écoute de l’évangile.

Cécile aujourd’hui, au moment de sa première étape, nous montrer qu’aujourd’hui encore cette parole retentit dans le cœur d’hommes et de femmes. Aujourd’hui 20 adultes vont dans notre diocèse recevoir l’appel décisif de la part de notre évêque, c’est-à-dire la dernière étape avant leur baptême. Oui aujourd’hui l’Evangile continue d’appeler et de parler. Le Christ continue son chemin dans le cœur de chacun.

C’est ce à quoi nous sommes invités particulièrement en ce temps de Carême qui nous est donné. Convertissons-nous et croyons à l’Evangile…

Homélie du Mercredi des Cendres 2021

Le texte d’évangile est construit sur un plan et un rythme très précis. Il y a 3 vagues qui sont tout un programme de vie, tout un programme pour vivre ce temps de Carême qui nous est donné. Il y a l’aumône, la prière et le jeûne. D’abord, il nous est précisé ce que l’on ne doit pas faire. C’est la partie négative : c’est-à-dire tout faire pour bien se montrer, pour avoir une belle image de soi auprès des autres : se donner en spectacle, se montrer aux autres, et prendre une mine défaite pour bien se montrer. Et la conclusion tombe, toujours la même : « Ceux-là ont reçu leur récompense ». Jésus démonte ce qui est parfois notre attitude : faire de belles choses mais pour se faire bien voir, pour cultiver sa belle image.  C’est vrai que ça fait plaisir : la récompense est donnée, si les autres trouvent que nous sommes des gens bien, c’est toujours bon à recevoir ; pas besoin d’autre chose. Jésus ne dit pas que c’est une mauvaise chose ; il invite simplement à aller au-delà, au plus profond, plus en vérité…

Vient alors une deuxième invitation bien différente : mais toi… Il s’agit d’entrer dans la vérité du geste, le véritable engagement intérieur, le secret intérieur. : donner dans la secret, prier dans lez secret, jeûner dans le secret. C’est ainsi que peut se construire une relation vraie avec Dieu, qui peut alors s’appeler véritablement Père…On n’est plus dans la façade, le look, on peut entrer dans la relation. Ton Père qui voit dans le secret te le rendra… Il ne s’agit pas tellement de récompense, de bon-point. Il s’agit d’une relation vraie d’amour, d’échange. L’amour de Dieu le Père viendra combler notre vie.

Et les trois invitations vont ensemble. Le partage, l’attention aux autres, la charité va avec la prière personnelle ou communautaire et avec le jeûne, la privation, le choix de vie pour vivre une relation vraie avec Dieu et avec les autres. Relation avec soi, avec Dieu, avec les autres… trois dimensions qui vont ensemble et qui sont signes de relation d’amour avec le Père…

Voici tout un programme pour ce temps de Carême… tout cela n’est pas fait pour nous embêter, au contraire… Sortirons-nous un jour de cette dimension négative du Carême. Ce temps nous est donné pour purifier, pour avancer dans la vérité et la profondeur de nos relations avec Dieu et avec les autres… ouvrir notre cœur. Chacun personnellement, et ensemble nous pouvons répondre à l’invitation. Et l’amour du Père nous sera encore plus rendu.

Homélie du 14 février 2021

Tout est dit dans la première lecture : on a l’impression que c’est une nouvelle directive pour aujourd’hui… il s’agit même de se couvrir le visage jusqu’aux lèvres…A l’occasion de cette pandémie, beaucoup de personnes ont vécu ce que les lépreux devaient vivre : être à l’écart, sans relations, ne voir personne. On a en particulier mis en avant les personnes âgées en EHPAD qui ne peuvent plus avoir de relations humaines.  L’Evangile prend pour aujourd’hui toute sa dimension.

Jésus  accueille un de ces nombreux lépreux. Il est saisi de compassion. Il est pris au ventre. Il accomplit alors un geste : il étend la main, il le touche et il donne une parole de guérison : je le veux, sois purifié. Jésus vient le guérir. Mais immédiatement après il le remet en relation. Il ‘envoie se montrer au prêtre. Ainsi il reprend sa place dans la société. Il n’est plus dans une maison en dehors du camp. Ainsi c’est l’homme tout entier que le Seigneur Jésus vient rencontrer. Il le remet debout, il le remet en relation, il lui redonne une dignité, il lui redonne une raison de vivre.

C’est ce que fait notre Dieu pour chacun. Il le fait par les sacrements : une parole et un geste qui viennent nous guéri, nous donner la force et nous mettre en relation. Il le fait au quotidien. Jésus le Christ en permanence est pris de compassion envers tous les hommes. A chacun il s’&approche, il touche, il dit sa volonté de guérir et de purifier. C’est la source de notre espérance et de notre confiance.

C’est aussi la source de notre mission. Parce que si Jésus le Christ agit ainsi, nous aussi nous sommes invités à faire de même. Nous participons à la mission de compassion et de guérison du Christ. Nous pouvons nous aussi nous approcher, même en respectant les gestes barrières… il y a tant de façon de nous faire proches. Nous pouvons nous aussi redonner, remettre en relation, aider à ce que chacun puisse trouver sa place dans la société. Le Pape François l’a rappelé dans son message pour la journée des malades :

« Unis au Christ par l’action de l’Esprit Saint, nous sommes appelés à être miséricordieux comme le Père et à aimer en particulier nos frères malades, faibles et souffrants. Et nous vivons cette proximité, non seulement personnellement, mais aussi sous forme communautaire : en effet, l’amour fraternel dans le Christ engendre une communauté capable de guérison qui n’abandonne personne, qui inclut et accueille, surtout les plus fragiles. »

Soyons donc, ensemble, avec le Christ Jésus, une communauté capable de guérison.

Homélie du 31 janvier 2021 (Mc 1, 21-28)

Aujourd’hui dans ce passage d’Evangile, Jésus enseigne. Le mot enseignement, enseigner revient comme un refrain tout au long du texte. Jésus se présente comme celui qui parle dans une synagogue, à Capharnaüm. Mais tout de suite, il est précisé que son enseignement est bien particulier. Il fait autorité, ou plutôt sa personne fait autorité. Et en plus son enseignement est nouveau. Il apporte de la nouveauté.

Mais Jésus ne fait pas que parler. Il agit. Son enseignement ne consiste pas en des paroles accumulées mais il met en œuvre, il agit. Il s’attaque directement au mal. Il y a un combat entre l’esprit impur symbole du mal, et celui qui est reconnu justement par cet esprit impur comme le Saint de Dieu. Et c’est le Saint de Dieu qui va gagner, qui va faire taire le mal qui ne pourra alors ne faire qu’une seule chose : sortir. Il est plus fort que le mal, il peut lui donner des ordres et le mal doit obéir. C’est ainsi que se révèle la nouveauté de l’enseignement de Jésus. Il fait effectivement taire le mal qui occupe le cœur de l’homme. Jésus vient le libérer.

Accueillons aujourd’hui encore cette nouveauté et cette autorité. Laissons-nous étonner. Laissons le Seigneur venir nous libérer. Reconnaissons-le comme celui qui vient faire taire le mal dans nos vies, dans le cœur de tout homme. Par notre baptême, nous participons à cette action du Christ. C’est lui qui nous l’a dit et qui nous envoie pour en vivre. Cela nous avons du mal à le croire…. Nous sommes chargés avec le Christ et grâce à lui de libérer l’homme enchaîné. Le croyons-nous vraiment ? Ne nous évadons pas dans des images spectaculaires. Mais simplement, dans nos quotidiens, dans ce qui fait notre vie, prenons conscience de notre mission de libération, à la suite et avec le Christ. Nous savons qu’une parole peut vraiment libérer. Regardons notre vie et nous trouverons des exemples simples mais bien réels… une parole, un geste, une attention, un engagement, une aide concrète, une prière… et quand le mal semble occuper toute la place, que nous ne pouvons rien faire, n’hésitons pas à tout remettre entre les mains de celui qui est venu nous sauver de tout mal. Vivons, avec lui et à sa suite, de l’autorité et de la nouveauté qu’a apportée le Christ Jésus.

Homélie du 24 janvier 2021 (Jn 1, 14-20)

Ce passage d’Evangile peut nous paraître un peu trop simple, voire simpliste : Jésus passe, il appelle ; Simon et André, Jacques et Jean  quittent tout, ils le suivent. Ces étapes sont des résumés et nous disent bien la radicalité de l’appel et de leur réponse. Il y a une démarche fondamentale qui engage toute la vie.

Les futurs disciples sont présentés sommairement. Ils sont frères, ils ont un métier précis et ils sont en train de l’exercer. C’est donc au cœur de leur vie quotidienne, de leurs relations, de leur travail, de ce qui fait leur vie qu’ils sont appelés. L’appel du Seigneur vient nous rejoindre nous aussi dans notre quotidien. Il n’est pas en dehors, dans un monde imaginaire. L’appel de Dieu résonne toujours au cœur de notre vie, très concrète.

Cet appel est traduit par ces mots : « je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. » Il y a donc à la fois un changement, il s’agit bien de devenir, de changer et une continuité : c’est toujours dans la pêche qu’ils vont s’investir. Celui qui reçoit l’appel va donc bien rester ce qu’il est… il ne va pas perdre sa personnalité. Et pourtant il va changer, il va évoluer, il va devenir. Il est appelé à inventer une nouvelle vie. Répondre à l’appel de Jésus nous permet de mieux découvrir et être ce que nous sommes vraiment. Il nous met en route, il nous fait devenir.

Et cet appel est un appel à suivre Jésus le Christ. C’est lui le seul Maître, c’est lui qui passe le premier et le disciple va marcher derrière lui. Cette suite implique des choix.  Il y a le petit mot « aussitôt » répété plusieurs fois. Suivre le Christ ne permet pas de regarder en arrière. C’est un avenir qui est toujours proposé.

Le Christ Jésus continue d’appeler aujourd’hui. Bien sûr nous pensons aux vocations de prêtres ou de religieux, religieuses… mais c’est à chacun d’entre nous que l’appel est lancé aujourd’hui. Au cœur de ce qui fait notre vie, avec tout ce que nous sommes, Jésus nous invite à inventer avec lui un avenir. Cet appel, nous pouvons le découvrir en lisant ensemble la Parole. En ce dimanche de la Parole, nous sommes invités à l’accueillir à nouveau comme une Parole de vie et non pas comme des mots difficiles à comprendre, ou bien d’un autre âge. C’est aujourd’hui qu’elle résonne dans nos vies. Parole de vie, Parole de devenir…

Homélie du 17 janvier 2021 (Jn 1, 35-42)

Au début et à la fin de ce passage d’Evangile, il est question de « poser son regard »… d’abord Jean Baptiste pose son regard sur Jésus, puis à la fin c’est Jésus qui pose son regard sur Simon. Poser son regard, c’est-à-dire porter de l’attention, entrer en relation et se mettre en recherche, vouloir construire quelque chose de solide, une relation forte. Jean le Baptiste est comme nous. Il cherche à comprendre. Il voit Jésus qui va et vient. Il veut comprendre le pourquoi de la vie de Jésus et il va même jusqu’à le montrer et l’appeler : « Agneau de Dieu » c’est-à-dire celui qui est attendu depuis longtemps et qui va donner sa vie comme un agneau offert en sacrifice. Ce Jésus est vraiment celui qui vient se donner, s’offrir pour toute l’humanité. C’est bien normal alors de poser son regard sur lui.

Plus loin, c’est Jésus lui-même qui porte son regard sur Simon. Il crée une relation avec lui et il va aussi lui donner un nom : « tu es Simon, tu t’appelleras Pierre. » Jésus reconnait ainsi cet homme et l’appelle pour le suivre. Il pose un regard d’amour qui est une invitation pour devenir disciple, un véritable ami pour partager avec lui sa mission, son annonce de la Bonne Nouvelle. Jésus pose un regard qui est un envoi.

Nous pouvons bien nous retrouver chacun dans cette attitude à un moment ou à un autre de notre vie. Nous aussi, nous cherchons. Nous avons besoin de trouver du sens à ce que l’on vit, ce que l’on fait. Nous ne pouvons pas simplement aller et venir. Il nous faut donner un sens, répondre au pourquoi. Alors nous posons nos regards en attente de mieux comprendre notre vie, notre histoire, notre époque… et les questions ne manquent pas dans ces jours que nous vivons. Nous avons besoin de reconnaître que quelqu’un est venu et vient aujourd’hui porter avec lui ce qui fait notre vie et lui donner un sens et un allant. Nous avons besoin de reconnaître que Jésus est cet Agneau de Dieu qui a donné sa vie pour nous et qui continue de le faire. Nous avons besoin de tourner, de poser notre regard sur lui.

Mais il ne faut jamais oublier non plus que Jésus lui-même en fait autant avec nous. Il pose son regard sur chacun d’entre nous et il nous choisit, il nous envoie, il nous pousse. Il nous donne mission pour tous les hommes. Son regard ne condamne pas, n’enferme pas dans le passé ou les erreurs. Son regard est positif, il nous met en avant. Son regard est toujours posé sur nous, non pas pour nous surveiller ou nous punir… au cas où… non il est là pour nous accompagner… C’est un regard qui voit dans l’avenir. Il nous dit qui nous sommes et il nous appelle…

Homélie du 10 janvier 2021

Derrière les expressions et les images employées dans cet Evangile, se dessine, se devine toute le mystère de Jésus, le Fils bien-aimé.

D’abord il est plongé dans l’eau du Jourdain. Il va au fond de l’eau… eau signe de mort. On peut s’y noyer. Jésus va aller jusqu’au plus profond de la mort, il est descendu aux enfers dit le Credo. Mais il ne reste pas au fond. Il va remonter de l’eau, dit l’Evangile. Il va passer la mort pour ressusciter. L’eau est aussi signe de vie. Il va remonter, se lever. Le Christ Jésus est mort et ressuscité.

Alors nous dit Saint Marc, il voit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre. Les cieux ne sont plus fermés. Le monde  de Dieu n’est plus coupé du monde de l’homme. Avec la venue de Jésus, à Noël, le ciel se déchire… Dieu vient traverser les cieux, il vient se poser sur la terre. Il est désormais chez lui lorsqu’il est chez nous. Alors Dieu pourra dire : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toit, je trouve ma joie. » Ces petits mots disent cette relation unique entre le Père et le Fils. Il est le Bien-aimé et il fait la joie de Dieu, il remplit le cœur du Père.

Contempler ainsi le Christ Jésus nous renvoie forcément à nous-mêmes. Nous vivons le même itinéraire. Notre baptême nous emmène sur ce même chemin. Nous aussi, nous avons été baptisés, c’est-à-dire plongés dans la mort avec le Christ pour vivre avec lui ressuscité, comme le dit Saint Paul. Par notre baptême, nous pouvons remonter de l’eau, nous sommes avec le Christ plus forts que toute mort. Pour nous aussi, le ciel se déchire et nous pouvons entrer en relation intime avec Dieu. Il dit de chacun de nous, à la suite du Christ : « Tu es mon Fils, ma Fille bien-aimée » Dieu ose même dire qu’il trouve sa joie en nous. Le Pape François a dit à Noël que Dieu vraiment nous surestime… Et nous le savons : entrer dans cette relation fait de tous les hommes nos frères et sœurs. Jean nous le redisait dans la deuxième lecture : accomplir le commandement de Dieu c’est aimer Dieu et aimer les enfants de Dieu. L’un ne va pas sans l’autre.

Redécouvrons notre baptême… Il nous donne une dignité extraordinaire que nous n’aurons jamais fini de mesurer. Nous nous sommes peut-être un peu habitués… nous sommes parfois des « vieux baptisés «  et cela n’a rien à voir avec l’âge. Renouvelons la jeunesse de notre baptême. Recevons à nouveau cette déclaration d’amour de Dieu : « Tu es mon Fils bien-aimé : en toi, je trouve ma joie. »

Homélie du 03 janvier 2021

Les mages sont très populaires à tel point qu’au long des siècles beaucoup de traditions leur ont été rajoutés. Ils sont devenus rois, ils sont au nombre de 3 etc… Mais au-delà du folklore, ils peuvent être nos guides. Ils peuvent vraiment nous aider dans notre marche, notre démarche de foi. D’abord ils cherchent, ils sont curieux. Ils sont curieux de Dieu, de spiritualité. Ils veulent trouver un sens à leur vie, alors ils se mettent en route. Ils suivent une étoile. Ils ont trouvé un signe dans leur vie et ils veulent connaître et comprendre. Ils rejoignent beaucoup de nos contemporains … et nous-mêmes. Des signes nous sont donnés et nous aident à nous mettre en route. Mais cela ne suffit pas. Ensuite ils se mettent en relation avec d’autres. Ils échangent, ils expliquent, ils discutent, ils cherchent avec d’autres. Les autres sont plus ou moins bienveillants, mais ils entre en discussion. Plus tard, ils vont ouvrir la Parole de Dieu. D’autres vont chercher et trouver un éclairage dans cette Parole, dans cette Révélation. Puis forts de ces échanges et de cette Parole de Dieu, ils vont reprendre la route. Ils vont être prêts pour entrer dans la reconnaissance : reconnaissance de ce Dieu qu’ils cherchent. Ils entrent dans une grande joie, ils se prosternent, ils peuvent offrir leurs cadeaux. Après cet acte de foi, ils vont rentrer chez eux, mais par un autre chemin. Leur route a été changée, leur vie en a été transformée.

N’est-ce pas l’itinéraire de notre foi ? Un chemin parfois un chaotique avec des avancées et des reculs, mais un chemin qui nous emmène jusqu’à la reconnaissance du Christ Sauveur. Notre foi repose sur cet ensemble d’étapes. Des signes donnés et reconnus, mais aussi discutés, échangés… nous ne sommes jamais seuls dans l’histoire de notre foi. Et toujours à la lumière de la Parole de Dieu échangée, mangée ensemble. Avec des temps de plénitude et de reconnaissance où nous voyons, nous devinons la présence du Seigneur. Et avec un temps de retour à notre vie quotidienne transformée. La foi est une lumière. Avancer sur ce chemin c’est recevoir une lumière, l’accueillir, la comprendre et c’est devenir alors lumière pour les autres. La bénédiction finale le redira : Que Dieu fasse de nous des lumières pour guider nos frères sur leurs chemins.

Tout un programme pour une nouvelle année. Que les mages nous accompagnent tout au long de cette année.

Homélie de Noël 2020

Un enfant a posé récemment la question : « Mais pourquoi on raconte ce qui s’est passé il y a très longtemps aujourd’hui, pourquoi on lit un texte aussi vieux aujourd’hui ? » C’est justement ici que se révèle la foi des chrétiens. Nous nous souvenons d’un évènement arrivé il y a très longtemps. Dieu est entré dans notre histoire, la grande histoire. Il s’est fait homme. Jésus est l’envoyé de Dieu. Il est venu partager ce qui fait la vie des hommes avec les joies et les drames. Il l’a vécu complètement, parfaitement, jusqu’au grand passage de la mort. Il n’a pas fait semblant, il n’a pas posé le bout des pieds sur notre terre, il a même été mis en terre. Mais il a aussi transformé ce qui fait la vie humaine. Plus fort que toute mort, il est ressuscité et vivant. Il est présent.

Dieu est entré dans la grande histoire. Mais à Noël, nous ne faisons pas que nous souvenir d’un évènement du passé. Nous croyons aussi que Dieu entre dans notre propre histoire. C’est aujourd’hui qu’il vient. C’est aujourd’hui qu’il se fait l’un d’entre nous. Si nous sommes réunis, si nous fêtons Noël, c’est que nous croyons que Jésus vient partager notre vie, telle qu’elle est. Notre vie marquée par des inquiétudes, des épreuves, des bouleversements… et ils ne manquent pas tous ces temps-ci. Il vient les partager et il vient apporter un sens nouveau, une vie nouvelle. Il vient apporter un peu de paix, de tendresse. Il vient apporter un peu de lumière dans la nuit. Il vient et il invite à partager cette paix, cette lumière, cette tendresse dont nous avons tous tant besoin. Il vient aujourd’hui nous inviter à partager la vie.

Oui, aujourd’hui Dieu ne reste pas confiné. Il rejoint chacun. Jésus, le Christ vient aujourd’hui dans l’intimité de notre vie.

Homélie du 20 décembre 2020

Marie dit : « Que tout m’advienne selon ta parole. » Elle dit oui, mais sa façon de dire oui est tout à fait particulière. Elle a reçu une parole de la part de Dieu. Une parole qui n’est constituée de mots alignés les uns sur les autres, mais une parole qui est une promesse qui la touche au plus intime et qui aura des conséquences pour tout un peuple et toute l’humanité, toutes les générations. Elle reçoit cette promesse mais elle prend le temps. Elle va poser des questions, elle va demander des précisions. Elle ne dit pas un oui sans réfléchir. Elle accueille vraiment au plus profond d’elle-même cette parole. D’abord elle est bouleversée, elle se  demande, elle se pose des questions sur ce que peut signifier cette salutation, puis elle demande « comment cela va-t-il se faire ? »  Ainsi on voit bien une évolution, une histoire. Il lui faut du temps pour aller jusqu’à sa réponse. Il lui faut des étapes… rien n’est acquis. Ensuite seulement, elle va pouvoir dire son acceptation de l’évènement. Elle reçoit la parole au plus profond d’elle-même ; Elle la promesse, la parole qui va prendre chair en elle-même. Le Verbe se fait chair. Il va entrer dans l’histoire humaine, par Marie.

A quelques jours de Noël, Marie nous montre le chemin. Sa réponse est aussi pour nous tout un programme, tout un modèle. Dieu est entré dans l’histoire humaine. Je trouve que cette année, avec les circonstances particulières que nous vivons et connaissons, nous sommes invités à approfondir cette dimension. Dieu ne vient pas dans un monde imaginaire. Noël n’est pas une belle histoire pour faire rêver les enfants. Nous croyons qu’il est venu en Jésus dans notre histoire et que c’est aussi aujourd’hui qu’il vient. Il vient dans notre monde marqué par les inquiétudes, les peurs, les contradictions, les solitudes mais aussi les gestes de solidarité ou de proximité.  Il vient là et pas ailleurs. Il vient aussi dans notre vie, la plus intime, marquée elle aussi par toutes ces épreuves, mais aussi ces joies et ses espérances. Il ne vient pas ailleurs, c’est au cœur de notre vie qu’il vient.

Et Marie nous montre aujourd’hui le chemin pour l’accueillir. Un chemin marqué bien sûr par les questions et les hésitations : « comment cela va-t-il se faire ? » mais aussi marqué par cette confiance en une promesse, confiance en une parole… la parole qui se fait chair, qui prend corps aujourd’hui dans notre monde, dans notre vie.

Homélie du 13 décembre 2020

Dans la première lecture, le prophète Isaïe annonçait : «Comme la terre fait éclore son germe, et le jardin, germer ses semences, le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange devant toutes les nations. » A travers cette réalité de notre terre, nous pouvons rejoindre tout le mystère et la profondeur de ce temps que nous vivons à l’approche de Noël. Oui il y a dans notre monde des germes et des semences. Nous avons souvent bien du mal à les voir. Nous sommes plus marqués par des peurs ou des constats de mort et de désolation au cœur de notre hiver. La période difficile que nous traversons ne nous incite pas à remarquer ce qui pousse, ce qui grandit. Pourtant, changeons notre regard. Nous pourrons surement découvrir des germes de paix, des semences d’amour… à travers tel ou tel geste de solidarité ; à travers le respect de la nature et de la création ;  ce qui se prépare pour les fêtes de Noël à travers par exemple ces paniers solidaires préparés par le Secours catholique ; à travers une attention aux personnes isolées ;  à travers une pensée pour tous ceux qui vivent difficilement l’isolement forcé… A chacun de continuer la liste. Elle peut être longue. Oui, dans notre monde blessé aujourd’hui, des semences et des germes apparaissent.

Ces germes deviennent pour nous des signes. Dieu lui-même est à l’œuvre. C’est lui qui fait germer la justice et la gloire. C’est lui qui vient nous la donner d’une façon unique dans la venue de son Fils Jésus. Oui la gloire de Dieu, c’est-à-dire son être profond nous est partagé, donné. Et Isaïe le promet c’est devant toutes les nations. Il ne s’agit pas seulement d’un petit cadeau réservé à une personne, voir même à un peuple. Non, tous les peuples, toute l’humanité, toutes les générations peuvent accueillir et bénéficier de ce fruit qu’est le Christ Sauveur. Il est venu au milieu de nous et c’est le monde entier qui en est transformé. Le monde n’est plus enfermé dans la mort. Par sa résurrection, la vie est promise. Les germes peuvent produire des fruits.

On dit que cette année, par la réalité de la situation, nous sommes contraints de revenir au vrai sens de Noël. La fête et la joie seront présents mais d’une façon plus profonde, plus vraie. Certains disent que nous sommes invités à vivre une sobriété heureuse. Dans la simplicité, ouvrons nos yeux et nos cœurs pour découvrir ces germes et ces semences. Oui le Seigneur Dieu fait germer sa justice et sa gloire devant toutes les nations.

Homélie du 06 décembre 2020

Dans cette étape dans le temps de l’Avent, un nouveau personnage, un nouveau témoin nous est proposé : Jean le Baptiste. Comme son nom l’indique, il baptise. Mais il le fait pour se préparer, pour se purifier. Il baptise dit-il avec de l’eau. C’est une étape, mais il y en aura une autre, plus importante, plus complète. Jean Baptiste se présente toujours comme celui qui annonce la venue d’un autre. Il le montre, et il s’efface derrière lui. Cet autre qui va venir est plus grand, plus fort que lui. Lui, il ne fait que l’annoncer, que préparer son chemin. Lui, il le montre et il s’efface derrière lui.

Jean- Baptiste est un modèle pour nous, dans ce temps de l’Avent. Nous sommes à notre place chargés d’annoncer ce même Seigneur, de le montrer. Nous ne sommes pas à notre compte, nous ne sommes pas propriétaire du Christ Jésus. Il est l’Autre que nous attendons. Il nous dépasse, il nous surprend, il est plus grand que nous. Jean Baptiste est le dernier des grands prophètes, c’est à dire de ceux qui parlent au nom de Dieu. Nous sommes de par notre baptême également prophètes. Nous sommes chargés de parler au nom de Dieu, de dire, de montrer ce Dieu qui vient faire toutes choses nouvelles. Et il y a tant à faire, tant à annoncer. Les chemins sont bien souvent tordus. Il y a des ravins, des escarpements. Notre monde a tant besoin de cette Bonne Nouvelle. Nous sommes dans ce temps si particulier où l’approche des fêtes de Noël nous réjouit, mais où la peur et la violence se sont bien installées dans notre monde. Alors, comme le prophète Isaïe, comme Jean- Baptiste, qu’allons-nous annoncer pour notre monde tel qu’il est ? Ne faut-il pas redire ce qu’est le sens profond de Noël pour nous ? Une fête évidemment, mais pourquoi faire la fête, pourquoi se réjouir ensemble ? Il nous faut rendre compte de notre foi, dans le respect de chacun bien sûr… mais n’est-ce pas urgent de dire explicitement ce qui fait notre foi ?

Oui, nous croyons que Dieu est entré dans notre histoire. Il est venu prendre nos chemins et il est venu ouvrir un possible, inaugurer un monde nouveau. Ce monde nouveau est commencé et il est toujours à accueillir. A la suite de Jean- Baptiste et comme lui, élevons la voix avec force pour porter la Bonne Nouvelle au monde. Dieu prend soin de chacun…

Homélie du 29 novembre 2020

Avec ce premier dimanche de l’Avent, la Parole de Dieu nous invite à entrer dans une première attitude : Veillez. Jésus le dit même à tous : Veillez. Il faut donc entrer dans cette attitude fond pour bien accueillir Celui qui vient parmi à Noël. Mais dans quel sens ? Il faut regarder ce que Jésus dit avant. Il raconte une parabole, il fait une comparaison. C’est comme un homme parti en voyage. Il y a donc au départ une absence. L’homme n’est plus là, il a quitté sa maison, il est parti et il confie tous ses pouvoirs à ses serviteurs. Chacun sait ce qu’il a à faire. Comment ne pas faire le lien avec le Christ lui-même. Il est absent, il n’est plus visible au milieu de nous… Nous ne pouvons manger et boire avec lui, comme dit l’Evangile. Il est parti en voyage et il a confié ses biens et ses pouvoirs. Il a envoyé ses disciples. Il a confié une mission, un travail précis à ceux qui veulent le suivre. Disciples de Jésus le Christ, nous avons chacun reçu une mission. La mission de témoigner, de rayonner de cette vie en plénitude qu’il est venu nous donner, nous confier. Il n’a pas gardé pour lui ce trésor. Il a pris des distances, non pas pour s’en désintéresser mais pour faire confiance, pour le confier aux hommes. C’est pour cela que nous sommes invités à veiller. La veille et la confiance vont ensemble. Une veille non pas crispée comme pour garder un trésor, le préserver des voleurs qui peuvent venir à tout moment. Mais une veille pour s’assurer que la Bonne Nouvelle est annoncée, partagée. Il ne s’agit pas de veiller pour garder au chaud. Il s’agit de veiller pour que le Christ lui-même puisse être donné, partagé, connu, aimé. Veiller pour qu’un évènement puisse vraiment avoir lieu, se produire réellement dans notre monde.

Nous savons et nous l’expérimentons : notre monde a tant besoin de cette Bonne Nouvelle, tant besoin de la venue du Christ, Fils de Dieu. Notre monde traverse des inquiétudes et des épreuves. Chacun en a l’expérience. C’est au cœur de ce monde-là que quelqu’un est promis. Voici que nous attendons que Dieu lui-même vienne aujourd’hui. Que son message d’amour et de paix, de plénitude de vie pour chacun puisse devenir concret et réel…

La veille et la confiance vont ensemble. La veille et l’action vont ensemble. La veille et le témoignage vont aussi ensemble. Viens Seigneur Jésus. Qu’il rende ferme notre foi, joyeuse notre espérance et constante notre charité.